L’alerte est de l’ONG « Survival International » qui redoute l’impact des projets militaires et touristiques du gouvernement de New Delhi sur ce peuple de l’archipel.
Située entre l’Inde et l’Asie de l’Est, les ’îles Andaman présentée comme un «trésor ethnologique » pourraient perdre très bientôt cette identité. En cause, le projet pharaonique que le gouvernement indien entend implanter dans l’Archipel, visant à en faire «un Hong Kong du XXIe siècle». Un projet qui, selon l’ONG «Survival International», constitue une menace pour la survie de ce peuple autochtone.
Un peuple «non contacté» qui risque le génocide au nom du «méga-développement »
« Survival International » estime que New Delhi a prévu de consacrer pas moins de 8 milliards d’euros d’investissement qui vont entraîner l’arrivée de 650 000 nouveaux habitants sur l’archipel. Il sera dès lors impossible de protéger les tribus locales, notamment les « Shompen», affirme l’organisation. Peuple autochtone semi-nomades qui vit sur l’île de Grande Nicobar, ils sont considérés comme l’un des peuples les plus isolés du monde, refusant toute interaction avec des personnes extérieures.
Estimés à environ 300 personnes, ils risquent selon, les termes de l’ONG, d’être «totalement anéantis» par ce «méga projet de développement » visant à transformer leur petite île en un «Hong Kong» de l’Inde. Si ce projet est mis en œuvre, d’«immenses» pans de leur forêt «unique» seront détruits pour être remplacés par un «méga-port», une «nouvelle ville», un «aéroport international», une «centrale électrique», une «base de défense», un « parc industriel», dénonce « Survival International ».
Un génocide « culturel» et «territorial » selon l’ONG
Vivant dans les forêts de l’île de Grande Nicobar, les «Shompen» ont gardé et entretenu un paysage unique pendant des milliers d’années. Chasseurs-cueilleurs nomades et vivant en petits groupes, le projet de New Delhi présage d’«un véritable génocide» qui les verra «expulser » de leurs terres ancestrales et aboutira à leur « destruction», argue l’organisation internationale. Bref, un avenir éminemment « fragile » s’annonce pour ce peuple, redoute l’ONG, qui fustige un projet qui ne satisfait pas aux « trois critères de durabilité».
Les villages «Shompen», ainsi que leurs terrains de chasse et d’alimentation, seront dévastés par le projet assure « Survival International ». Les réseaux de rivières sacrées et l’une de leurs principales sources de nourriture « pandanus» seront détruits ainsi que leurs cours d’eau, renforçant le risque d’effondrement de leur mode de vie, souligne l’ONG.
En février 2024, 39 chercheurs experts du génocide issus de treize pays ont écrit à la présidente indienne, décrivant ce méga-projet comme une «sentence de mort pour les « Shompen», constituant le crime de génocide tel que reconnu par le droit international». Ils réclament conjointement l’abandon «immédiat» de ce projet.
Les autorités indiennes jusqu’ici inflexibles, assurent que le droit des indigènes seront respectés dans ce méga-projet de Grande Nicobar.