Un charnier a été découvert à proximité d’une base militaire dans l’Ouest du Mali. Cette découverte a été faite par des personnes à la recherche de leurs proches, arrêtés par l’armée malienne et les paramilitaires de Wagner le 12 avril à Sébabougou et toujours portés disparus.
Dans l’Ouest du Mali, un charnier a été découvert non loin d’une base militaires. Des sources communautaires ont confirmé l’information à un média international français, sans déterminer le nombre exact des victimes ni leurs identités.
Un témoin a déclaré qu’il était « difficile» d’identifier les victimes en raison de la « décomposition des corps», indiquant que « certains corps n’ont que la peau et les os, et d’autres ne sont que des squelettes ». Mais «leurs habits pourraient peut-être révélé des informations les concernant », a-t-il ajouté.
Un autre, toujours à la recherche de ses proches, confie : « Depuis plusieurs jours, je suis à la recherche de mon frère et de mon cousin arrêtés par l’armée et Wagner à Sébabougou ». Il s’inquiète « qu’ils soient parmi les corps ».
Cette découverte macabre renforce l’angoisse et l’incertitude auprès des familles de la soixantaine de personnes arrêtées le samedi 12 avril 2025 à Sébabougou par l’armée malienne et le groupe Wagner. Elles ont été conduites vers une destination inconnue et, depuis, leurs proches n’ont reçu aucune information à leur sujet. Les Forces armées maliennes (FAMA) n’ont pas communiqué, ni sur ces arrestations, ni sur la découverte des corps.
Au Mali, pris entre deux feux, les habitants de cette zone, sont obligés de prendre la fuite. Ils sont terrorisés au quotidien par les jihadistes d’Al-Qaïda et par les exactions qu’ils subissent de l’armée malienne et de ses supplétifs russes, que Bamako continue de présenter comme de simples instructeurs.
La zone où s’est déroulée l’incident, est frontalière des trois régions de Koulikoro, Nara et Nioro, du Sahel. Elle est le théâtre d’affrontements depuis plusieurs années entre le Groupe terroriste islamiste Jnim (affilié à Al-Qaïda) et l’armée malienne accompagnée des supplétifs russes de l’armée privée Wagner.
En mars 2024, le Jnim a diffusé une vidéo des otages capturés près de Kwala, région de Koulikoro. Les sources locales avaient confirmé la mort de 30 à 32 soldats maliens et plusieurs dizaines de blessés ou disparus pendant cette opération. Le Jnim a officiellement revendiqué l’attaque et affirmé avoir tué « plus de trente» militaires, en avoir capturé deux, et récupéré une quantité impressionnante d’armes et de véhicules.