Face à la montée des tensions sécuritaires en Europe du Nord, la Suède, la Finlande, la Norvège et la Lituanie ont annoncé leur volonté commune d’acquérir plusieurs centaines de véhicules de combat CV90, dans le cadre d’une stratégie de renforcement militaire coordonnée dans la région de la mer Baltique.
Une commande conjointe pour renforcer la défense régionale
Mardi à Stockholm, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a accueilli son homologue lituanien Gintautas Paluckas pour officialiser cette initiative.
« Notre priorité actuelle est une acquisition coordonnée potentielle des véhicules de combat d’infanterie CV90 avec la Finlande, la Norvège et la Lituanie », a-t-il déclaré en conférence de presse.
Il a précisé qu’il s’agirait d’au moins plusieurs centaines de véhicules, soulignant leur coût élevé et la nécessité d’une mutualisation des moyens pour renforcer la capacité de dissuasion commune dans la région.
Une montée en puissance militaire en Suède
Cette annonce s’inscrit dans un contexte d’augmentation majeure du budget de la défense suédois. Fin mars 2025, Stockholm a confirmé qu’elle allait augmenter ses dépenses militaires d’environ 28 milliards d’euros sur dix ans, dans le but d’atteindre 3,5 % du PIB d’ici 2030, contre 2,4 % actuellement.
Le CV90 : un blindé européen déjà largement utilisé
Les CV90 sont des véhicules blindés de combat d’infanterie développés en Suède par BAE Systems Hägglunds, une filiale du groupe britannique BAE Systems. Ils sont déjà utilisés par de nombreux pays européens, notamment la Suède, la Finlande, la Norvège, le Danemark, l’Estonie, les Pays-Bas, la Suisse, la Slovaquie, la Tchéquie et l’Ukraine.
En 2023, la Suède avait d’ailleurs cédé environ 50 CV90 à l’Ukraine. Puis, en décembre 2024, elle a signé un contrat avec le Danemark pour l’acquisition de 205 véhicules : 50 pour reconstituer les stocks suédois, 115 pour le Danemark, et 40 à livrer à l’Ukraine.
Un signal politique fort dans un contexte de tensions géopolitiques
L’achat commun des CV90 illustre une volonté claire des pays nordiques et baltes de renforcer leur coopération militaire, notamment face à la Russie. Il s’agit également de standardiser l’équipement des forces armées régionales, afin de faciliter l’interopérabilité et la réaction rapide en cas de conflit.
« Une telle acquisition conjointe permettrait de renforcer nos capacités militaires communes dans la région de la mer Baltique », a résumé Ulf Kristersson.
Cette démarche stratégique s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation de l’alliance militaire européenne, en cohérence avec les engagements croissants au sein de l’OTAN.