Le 21 avril 2025, le pape François s’est éteint à l’âge de 88 ans, laissant derrière lui un pontificat marqué par des positions progressistes et un souci constant d’ouverture.
À présent, l’Église catholique entre dans une période cruciale : l’élection de son nouveau chef spirituel. Deux grandes orientations se dessinent déjà au sein du collège cardinalice : celle d’une continuité avec la vision réformatrice du pape argentin, et celle d’un retour à des valeurs plus conservatrices.
Mais qui sont les favoris, ou papabili, susceptibles de succéder à François ? Voici un aperçu des principaux prétendants
Les principaux candidats à la papauté
Luis Antonio Tagle (Philippines)
À 67 ans, le cardinal philippin est perçu comme l’héritier naturel du pape François. Proche de ce dernier et fervent défenseur d’une Église engagée socialement, il pourrait devenir le tout premier pape asiatique. Son profil progressiste séduit de nombreux partisans d’une Église tournée vers les défis contemporains.
Péter Erdő (Hongrie)
Théologien réputé, âgé de 72 ans, Erdő incarne la ligne traditionnelle européenne. Président de la Conférence épiscopale hongroise, il est l’un des visages les plus solides du courant conservateur, défendant une vision doctrinale plus stricte de l’Église.
Peter Turkson (Ghana)
Modéré et respecté, Turkson est considéré comme un pont entre tradition et modernité. Âgé de 76 ans, il pourrait devenir le premier pape africain noir. Ancien président du Conseil pontifical « Justice et Paix », il jouit d’une grande expérience sur les questions sociales et diplomatiques.
Raymond Burke (États-Unis)
À 76 ans, ce cardinal américain est l’un des opposants les plus farouches aux réformes du pape François. Soutenu par les milieux conservateurs, notamment aux États-Unis, son élection marquerait un virage clair vers une Église plus rigide sur le plan doctrinal.
Christophe Pierre (France)
Diplomate expérimenté, Pierre, 79 ans, est nonce apostolique à Washington. Il est reconnu pour sa capacité à dialoguer entre les différentes sensibilités de l’Église. Son profil modéré et son expérience diplomatique en font un candidat de consensus.
Matteo Zuppi (Italie)
À 69 ans, l’archevêque de Bologne est l’un des candidats les plus progressistes. Engagé dans le dialogue interreligieux et la médiation internationale, il pourrait incarner la continuité du style pastoral et inclusif de François.
Malcolm Ranjith (Sri Lanka)
Âgé de 77 ans, il défend une vision strictement conservatrice de l’Église. Opposé à l’ordination des femmes ou au mariage homosexuel, il séduit une partie de l’épiscopat attachée à la tradition. Polyglotte accompli, il parle dix langues.
Pietro Parolin (Italie)
Secrétaire d’État du Vatican et proche collaborateur de François, Parolin, 70 ans, affiche un profil modéré et diplomatique. Son élection serait perçue comme un choix de stabilité au sein de la Curie romaine.
William Eijk (Pays-Bas)
Archevêque d’Utrecht, âgé de 71 ans, il est un défenseur assumé de la ligne conservatrice. Opposé aux orientations réformatrices du pape François, il est davantage aligné sur la vision de Benoît XVI.
Robert Sarah (Guinée)
Connu pour ses prises de position fermes contre le progressisme, Sarah, 79 ans, est une figure de proue de l’aile la plus conservatrice du Vatican. Opposé aux bénédictions de couples LGBTQ+, il est très apprécié des fidèles traditionalistes.
Les tendances et les enjeux du conclave
Selon un sondage interne cité par The Sunday Times, les cardinaux seraient aujourd’hui partagés entre une majorité modérément conservatrice (47 voix) et un bloc progressiste fort de 45 voix, sur un total de 138 électeurs. Pour qu’un pape soit élu, il faut atteindre les deux tiers des suffrages, soit 92 voix.
Les cardinaux ont entre 15 et 20 jours à compter du décès du souverain pontife pour se réunir en conclave au Vatican et élire le successeur de saint Pierre. Au cœur des enjeux : le cap futur de l’Église, face aux défis du monde contemporain, à la sécularisation croissante, aux tensions doctrinales et aux attentes d’un milliard de fidèles dans le monde.