Sénégal : les médias prêts à contre-attaquer face à la décision de «cessation d’activité» ordonnée contre «les médias non conformes», par le ministère de la Communication

Les médias sénégalais sont mobilisés contre la décision du ministère de la communication de suspendre, avec «effet immédiat», tous les médias qui ont échoué à se mettre en conformité avec un certain nombre d’obligations administratives.

Au Sénégal, les médias sont vent débout après la décision du ministère de la communication ordonnant «la cessation des activités» de certains d’entre eux «non reconnus par l’État». Selon un média local, les organisations professionnelles préparent une riposte à la hauteur de cette décision qu’elles jugent «controversée». « Puisqu’ils sont passés à l’acte, nous allons aussi passer à l’acte », ont confié, certains responsables syndicaux, déterminés à tenir tête aux autorités. Sans donner plus détails sur leur action, ils promettent une «confrontation directe» avec le pouvoir.

Vendredi 25 avril, une réunion de crise avec les différents syndicats s’est tenue, aboutissant à l’élaboration d’un plan d’action, qui n’est toujours pas révélé. Mais les observateurs s’attendent à une série de mesures fortes, qui pourraient profondément impacter le paysage médiatique, et potentiellement provoquer un bras de fer tendu, entre les professionnels des médias et le gouvernement.

Le ministère sénégalais de la Communication, des Télécommunications, du Numérique, a dans un arrêté officiel rendu public, jeudi 24 avril, enjoint la cessation immédiate de diffusion, de parution, de publication et de partage de contenus par tout média non conforme aux dispositions du «Code de presse». L’arrêté s’applique à l’ensemble des supports médiatiques, qu’il soit de la presse en ligne ou non. Dans les détails, la décision ministérielle précise que les médias non conformes doivent cesser toute activité de diffusion ou de partage de contenus, quelle que soit leur nature.

Sur les 650 et quelques médias dans le pays, seuls 258 ont, pour l’heure, été déclarés conformes aux exigences administratives des nouvelles autorités. Réagissant à cette décision, Mamadou Ibra Kane, président du patronat de la presse sénégalaise, a affirmé que le ministère de la communication «outrepasse» ses prérogatives. «Ils veulent domestiquer la presse. C’est-à-dire qu’ils veulent eux- mêmes dire qui a le droit d’être un média au Sénégal ou non. Cela, c’est vraiment inconcevable, c’est arbitraire et c’est ce contre quoi nous luttons actuellement».

Le conseil de diffuseurs et éditeurs de la presse du Sénégal a prévu déposer un recours en annulation devant la Cour suprême. De son côté, le ministère de la communication assure qu’un certain nombre de dossiers sont encore en cours de traitement et promet une rencontre avec les entreprises de presse ce vendredi 2 mai 202

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