Ouganda : l’opposition sous pression à l’aube des élections 2026

À un an de la présidentielle, le climat préélectoral se tend dans le pays. Lundi 28 avril, le siège du principal parti d’opposition (National Unity Plateform) a été encerclé par la police, empêchant la tenue d’une conférence de presse. L’opposition, déjà sous pression, s’inquiète de la disparition du garde corps, de Bibi Wine, leader du NUP. Les autorités, parle de respect de la loi. L’incident souligne de la tension palpable au sein du pays.

L’opposition ougandaise fait face à un autoritarisme grandissant à l’approche des élections prévues en 2026. Le NUP avait prévu lancer « une campagne de vote de prestation » en appelant les jeunes à se mobiliser contre le gouvernement et à défendre leurs droits démocratiques, une initiative jugée «illégale» par la police, au motif de «la sécurité publique».

Enoch Barata, cadre du parti au pouvoir (NRM), a soutenu l’intervention des forces de l’ordre déclarant que le NUP cherchait «délibérément» à provoquer les violences et à «semer» le chaos au sein de la population. Le pouvoir justifie cette répression et accuse l’opposition d’être à l’origine d’actions de « pure criminalité ».

Le Secrétaire Général du NUP, David Lewis Rubongoya, a fustigé ces propos, affirmant que ses actions étaient toujours pacifiques, jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre, qui répriment «violemment» les manifestations. Il a également confié que le garde du corps du chef de son parti (Bobi Wine) avait été enlevé par l’armée, et que la police niait toute implication dans cette affaire, malgré les preuves vidéo de cet incident. Des nombreuses voix s’élèvent au sein de l’opposition, dénonçant ces pratiques autoritaires du gouvernement, à l’approche des élections.

L’opposition a accusé, par ailleurs, les autorités ougandaises de mener une série d’enlèvements «ciblés» depuis les élections présidentielles de 2012. Plus de 2 000 militants ont disparus depuis cette période, dont 18 restent introuvables, selon le principal parti d’opposition du pays (NUP).

Le pouvoir continue de nier ces accusations et affirme, que le NUP cherche à «instrumentaliser» les enlèvements pour se « poser en victime» et «obtenir» un avantage politique. Le parti au pouvoir assure d’ailleurs qu’il s’agirait «d’auto-enlèvements », pour «recevoir des retombées politiques» et appelle à ce que « cette affaire soit élucidée.

Les élections internes au sein du NRM, le parti au pouvoir, s’ajoutent à cette atmosphère déjà tendue. Plus de deux millions de responsables doivent être élus dans le cadre des scrutins locaux en juin. Cette dynamique électorale pourrait, de l’avis de plusieurs observateurs, « aggraver » la situation, la contestation de l’opposition face à la répression risquant «d’intensifier» les accrochages dans les mois à venir, assurent les mêmes sources.

Le NUP semble déterminé à poursuivre ses actions de protestation, malgré les pressions croissantes, tandis que le gouvernement continue de durcir le ton, renforçant une situation de polarisation accrue avec les opposants. Déjà marqué par des accusations de violations des droits humains, le climat politique en Ouganda, devrait connaître un « enlisement » dans les mois à venir préviennent, plusieurs organisations civiles locales.

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