Inde : le prochain recensement de la population fera le détail des castes

Les indiens devront préciser leurs castes d’appartenance lors du prochain recensement de sa population, a annoncé, mercredi 30 avril, son gouvernement.

Le porte-parole du gouvernement indien, Ashwini Vaishnav, a déclaré, mercredi 30 avril, devant la presse, que les indiens devront «préciser leur caste d’appartenance», lors du prochain recensement. Une grande première depuis l’indépendance du pays en 1947. Le système des castes, qui divise la société indienne en sous-catégories hiérarchisées, joue encore un rôle essentiel dans la vie et la politique du pays.

La décision de détailler les castes dans leur futur recensement prévu en 2021, mais retardé à cause de la pandémie de la Covid 19, a été approuvée ce mercredi 30 avril, par le gouvernement du Premier ministre ultra nationaliste hindou, Narendra Modi, à la surprise générale. En effet, Modi s’est jusque-là refusé à faire le décompte des castes, au motif de ne pas «diviser la population du pays».

«Le cabinet a décidé que le décompte des castes devait être inclus dans le prochain recensement », a insisté devant la presse, son porte-parole Ashwini Vaishnav, à l’issue de la réunion des ministres.

Pourquoi cette décision maintenant ?

Pour le gouvernement, cette initiative doit permettre à toutes les catégories défavorisées de s’émanciper. S’expliquant à ce sujet, Monsieur Vaishnav a indiqué que « cette décision démontre l’engagement du gouvernement à défendre les valeurs et les intérêts de la société et du pays».

Dans le pays le plus peuplé du monde, les castes sont un déterminant de la position sociale. Pourtant, la Constitution du pays interdit toute discrimination de castes. Afin de réduire les clivages entre les catégories, une mesure impose déjà, des quotas de personnes issues des castes défavorisées à certaines institutions publiques et aux universités. Le gouvernement estime à travers cette annonce, aller dans le sens de ces politiques de «discrimination positive».

Mais ses détracteurs modèrent plutôt. Il s’agit d’une «mesure électorale», pensent-ils, alors que l’échéance des élections législatives partielles se rapproche. Surtout que le parti de Modi, le BJP (Le Bharatiya Janata Party/ Parti du peuple indien), est traditionnellement opposé au recensement des castes, relèvent les opposants.

Nées de la tradition plusieurs fois millénaire hindoue, les castes constituent toujours un déterminant important dans le rôle et le rang des membres de la société indienne, même celle dite « moderne ». Ces divisions entretiennent et pérennisent les inégalités au sein de la population.

Plus de deux tiers des 1,4 milliard d’indiens sont considérés comme appartenant à des castes inférieures, éligibles à des politiques de « discrimination positive » notamment dans la fonction publique et l’éducation. La Constitution de 1950 n’a pas banni les castes mais interdit toute discrimination fondée sur la religion, la race, le sexe, l’origine ou les castes, de même que la notion d’«intouchabilité» (en référence à la caste appelée des « intouchables », considérée comme la plus inférieure de toutes et n’ayant, dans la tradition, pas le moindre droit=- ndlr).

Les dirigeants du pays se sont depuis astreints de recenser les castes en arguant de la complexité administrative de l’opération ou par peur de nourrir des troubles au sein du pays. Un sondage le détaillant a été réalisé en 2011, mais ses résultats prétendument « erronés» n’ont jamais été communiqués.

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