Attaque contre l’aéroport de Tel-Aviv : Israël promet une riposte “en temps voulu” contre les Houthis et annonce le déploiement de son armée en Syrie

Israël promet une riposte ferme après l’attaque spectaculaire des rebelles Houthis du Yémen contre l’aéroport Ben-Gourion à Tel-Aviv, tout en annonçant un déploiement militaire dans le sud de la Syrie. L’escalade militaire prend une nouvelle tournure, impliquant à la fois des représailles contre le Yémen et une intervention inédite sur le territoire syrien.

Une attaque inédite sur l’aéroport Ben-Gourion

Dimanche 4 mai, un missile tiré depuis le Yémen par les Houthis a frappé pour la première fois l’intérieur du périmètre de l’aéroport international Ben-Gourion. L’impact a causé un cratère à quelques centaines de mètres du terminal principal. L’armée israélienne a confirmé que l’attaque provenait bien du territoire yéménite.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a revendiqué l’opération, affirmant que d’autres frappes viseraient bientôt « les aéroports israéliens, et en particulier celui de Lod (Ben-Gourion) ». Le groupe pro-iranien justifie ses attaques comme une réaction aux opérations militaires d’Israël à Gaza, en soutien au peuple palestinien.

Riposte annoncée par Israël

En réponse, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis une réplique :

« Israël répondra à cette attaque des Houthis. Et en temps voulu, à un lieu choisi par nous, nous frapperons aussi leurs maîtres terroristes iraniens. »
Il a ajouté que les représailles ne seraient « pas un seul boum, mais beaucoup de boums », laissant entendre une série d’opérations militaires prolongées.

Face à la menace, plusieurs compagnies aériennes – dont Lufthansa, Air France, Air India et British Airways – ont suspendu temporairement leurs vols vers Tel-Aviv, par précaution.

Les États-Unis répliquent au Yémen

Quelques heures après l’attaque, les États-Unis ont lancé une série de frappes contre des cibles houthis au Yémen. Selon les Houthis, au moins dix frappes américaines ont visé la capitale Sanaa, ainsi que les régions de Marib, Saadah (bastion des rebelles), et Jaouf, dans le nord.

Ces frappes illustrent l’alignement stratégique entre Washington et Tel-Aviv. Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, les frappes contre les Houthis se sont intensifiées, devenant presque quotidiennes.

Israël déploie ses troupes en Syrie

Parallèlement, l’armée israélienne a annoncé s’être déployée dans le sud de la Syrie, affirmant vouloir protéger les villages druzes après de violents heurts entre cette minorité et les forces loyalistes syriennes.

Un communiqué militaire israélien indique :

« L’armée est déployée dans le sud de la Syrie et prête à empêcher l’entrée de forces hostiles dans les villages druzes. »

Cinq citoyens druzes syriens blessés ont été évacués en Israël pour y recevoir des soins. Au total, 15 blessés syriens ont été admis dans un hôpital de Safed, dans le nord d’Israël.

Une présence limitée mais stratégique

Si Israël n’a pas précisé l’étendue de son déploiement, des sources locales druzes affirment que l’armée israélienne serait présente dans la province de Quneitra, à proximité du plateau du Golan, annexé par Israël en 1981. Aucun soldat israélien n’aurait été vu dans la province de Soueïda, principale région druze de Syrie.

Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, remplacé par une coalition djihadiste, Israël adopte une posture de vigilance accrue sur sa frontière nord.

Vers une nouvelle escalade régionale ?

Avec l’implication directe des Houthis, le déploiement militaire israélien en Syrie, et l’entrée en scène des États-Unis, le conflit au Moyen-Orient risque de s’étendre bien au-delà de Gaza. Israël semble désormais engagé sur plusieurs fronts, déterminé à frapper ceux qu’il considère comme des prolongements de l’influence iranienne dans la région.

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