Aujourd’hui, mardi 6 mai 2025, était le vote du chancelier par les députés allemands. Friedrich Merz ayant remporté les élections législatives le 23 février dernier, il n’y avait pas de surprise d’attendue sur le vote validant sa nomination. Sauf que, ayant déjà commencé à gouverné non officiellement, ses décisions l’ont rendu très impopulaire avant même son entrée officielle en fonction, ce qui lui a valut de devoir se soumettre à un second tour de scrutin ce matin au Bundestag.
Un revers pour Friedrich Merz. Le conservateur a été surpris de ne pas être élu chancelier allemand dès le premier tour par les députés, le mardi 6 mai. Sur le papier, il avait la possibilité de bénéficier d’une majorité suffisante, grâce aux membres de son parti et aux sociaux-démocrates avec lesquels il souhaitait gouverner en coalition. Finalement, Friedrich Merz a été élu à la majorité absolue lors de sa seconde tentative, obtenant 325 voix sur un total de 630 députés siégeant au Bundestag, l’échec du premier tour ayant forcément fait peur à un certain nombre de députés de voir une crise politique poindre, se laissant convaincre d’autant plus facilement pour accordé leur voix, au plus austère et belliqueux (et atlantiste russophobe absolu) chancelier de toute l’Histoire de l’Allemagne d’après la deuxième guerre mondiale.
Au premier tour, le dirigeant de la CDU n’avait recueilli que 310 voix sur 621 exprimées, alors qu’il lui en fallait 316 pour être élu. Après son succès au second tour, il a été confirmé comme le dixième chancelier de l’Allemagne post IIIe Reich par le président Frank-Walter Steinmeier.
La droite nationaliste a appelé à de nouvelles élections
Suite à cette surprise matinale, le parti de droite nationaliste « Alternative pour l’Allemagne » (AfD), fort du dernier sondage qui le place favori pour les prochaines élections, avec 1% de plus que le parti du nouveau chancelier – pour qui c’est une dégringolade et un véritable désaveux du peuple germanique -, a exigé de nouvelles élections législatives. « Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités au gouvernement. (…) Monsieur Merz devrait démissionner immédiatement », a déclaré Alice Weidel, co-dirigeante de la formation arrivée en deuxième position aux législatives du 23 février. Vainqueur sans éclat de ce scrutin, Friedrich Merz devra faire face à d’énormes défis à la tête de l’Allemagne. La première économie européenne traverse un tournant géopolitique, avec une Europe qui cherche à se libérer de la tutelle militaire d’un allié états-unien devenu imprévisible. De plus, l’Allemagne, qui stagne de manière générale, économiquement, depuis 2018, a même commencé à connaître une récession du fait des sanctions votées contre la Russie, particulièrement sur le gaz et le pétrole, qui pénalise grandement l’industrie allemande, très dépendante de l’énergie russe (les gazoducs NordStream 1 & 2, qui ont été sabotés par l’Ukraine – avec, probablement de l’aide extérieure -, étant, jusque là, sa principale source s’approvisionnent – gazoducs dont elle était en partie propriétaire).
Christian Estevez