Commerce/Economie : Trump conclut un accord commercial avec le Royaume-Uni – les marchés boursiers rebondissent, le CAC 40 repart à la hausse

Ce jeudi 8 mai 2025, les marchés financiers ont connu un net rebond après l’annonce surprise d’un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni. À Paris, le CAC 40 a progressé de 0,89 % pour clôturer à 7.694,44 points, mettant fin à trois séances de baisse consécutives. Cet élan a été alimenté par un vent d’optimisme soufflé par le président américain Donald Trump, qui revendique sa première victoire commerciale majeure depuis son retour à la Maison-Blanche.

Un premier “deal” post-Liberation Day

L’accord a été annoncé à l’aube sur le réseau Truth Social par Donald Trump. Il s’agit du premier accord bilatéral formel depuis qu’il a instauré, le 2 avril, une série de droits de douane plancher de 10 % sur la plupart des importations mondiales, à l’exception de la Chine toujours pénalisée à hauteur de 145 %.

Lors d’une conférence de presse à Washington, Trump a déclaré que ce nouveau partenariat commercial garantirait aux exportateurs américains « des milliards de dollars d’accès supplémentaire au marché britannique ». Le Royaume-Uni, de son côté, s’engage à réduire ou supprimer plusieurs barrières non tarifaires qui pénalisaient les produits américains.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, présent en visioconférence, a salué l’accord : « Nous avons bâti une plateforme incroyable pour l’avenir. » Toutefois, les détails concrets de l’accord seront rendus publics dans les prochaines semaines.

Les marchés mondiaux saluent l’annonce

Les investisseurs ont immédiatement réagi positivement. Les grands indices américains ont gagné entre 0,8 et 1 % dans la foulée de l’annonce. Le soulagement est d’autant plus notable qu’une rencontre cruciale entre les États-Unis et la Chine est prévue ce week-end à Genève, en Suisse.

Pour l’instant, aucun compromis ne semble en vue. Trump refuse toujours de lever partiellement les taxes punitives imposées à la Chine, malgré les demandes répétées de Pékin. Les analystes du géant obligataire Pimco s’inquiètent de cette intransigeance :

« Les investisseurs croient encore à un retour à la normale, mais nous pensons qu’il faut s’attendre à un scénario stagflationniste », déclare Dan Ivascyn, directeur des investissements de Pimco. Il estime qu’une récession américaine est plus probable que jamais.

Les banques centrales sous tension

Cette dynamique commerciale incertaine influence les grandes banques centrales. La Réserve fédérale américaine (Fed) a choisi de maintenir ses taux entre 4,25 % et 4,50 %, tout en soulignant les risques croissants sur la croissance et l’emploi. Une première baisse de taux est anticipée en juillet, avec une probabilité de 70 % selon les marchés.

En Europe, la Banque d’Angleterre (BoE) a abaissé son taux directeur de 0,25 point à 4,25 %, une décision prise à la majorité de cinq voix contre quatre. Deux membres souhaitaient une baisse plus forte, tandis que deux autres étaient pour le statu quo. Le gouverneur de la BoE a rappelé que tout nouvel assouplissement serait « graduel et prudent », compte tenu de la volatilité induite par les tensions douanières.

La Riksbank (Suède) et la Norges Bank (Norvège) ont, quant à elles, maintenu leurs taux inchangés.

Peu d’actualité côté entreprises, sauf Solvay

En ce jour férié, peu de publications majeures à signaler du côté des entreprises. Seule la société belge Solvay a fait parler d’elle en revoyant à la baisse ses prévisions d’Ebitda ajusté pour 2025, tablant désormais sur le bas de sa fourchette initiale (1 à 1,1 milliard d’euros). Elle cite des conditions de marché défavorables et un impact négatif des taux de change. Résultat : le titre Solvay a chuté de 9,4 % sur Euronext.

Conclusion : un soulagement fragile

L’accord entre Washington et Londres a permis un rebond bienvenu sur les marchés, mais il n’efface pas les incertitudes persistantes sur la guerre commerciale avec la Chine. La posture inflexible de Trump et les tensions économiques globales font peser des risques importants sur la croissance mondiale.

Les investisseurs restent donc prudents, dans l’attente de signaux concrets lors de la réunion sino-américaine de Genève et de clarifications sur les prochaines étapes de l’accord américano-britannique.

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