Depuis le début de l’année 2025, le Royaume-Uni fait face à une situation inédite : plus de 29 000 hectares de forêts ont déjà été ravagés par les flammes, soit trois fois la superficie de Paris. Ce chiffre dépasse d’ores et déjà le total des surfaces brûlées en 2024, marquant un record alarmant.
Selon Le Monde, cette intensification des incendies est une conséquence directe du dérèglement climatique. Le pays, habituellement marqué par un printemps humide, a connu en mars et avril une sécheresse exceptionnelle, accentuée par des températures anormalement élevées. Le 1er mai, le thermomètre a atteint 29,3 °C dans le sud-ouest de Londres, un niveau largement supérieur aux normales saisonnières.
Pour Rory Hadden, spécialiste des incendies à l’université d’Édimbourg, « dans le nord de l’Europe, c’est la sécheresse, et non la chaleur, qui déclenche des feux ». La végétation britannique, encore fragile à la sortie de l’hiver, n’a pas retrouvé sa capacité à retenir l’humidité, la rendant hautement vulnérable aux conditions arides.
Et la situation pourrait empirer. Une étude conjointe du Met Office et du Centre britannique d’écologie et d’hydrologie, publiée en 2022, prévoit une hausse de 14 % des incendies d’ici 2030, de 30 % en 2050, et jusqu’à 50 % d’ici 2100, si les tendances actuelles se poursuivent.
Face à cette accélération du risque, le Royaume-Uni pourrait devoir repenser sa stratégie de prévention et de gestion des feux, un défi devenu désormais crucial à l’ère du changement climatique.