Nucléaire : l’Iran campe sur ses positions, les États-Unis d’Amérique menacent de rompre les pourparlers – Ce qu’il faut savoir

Les États-Unis d’Amérique et l’Iran ont achevé, ce dimanche 11 mai, à Mascate (Oman), un quatrième cycle de négociations sur le programme nucléaire iranien. Si aucun accord concret n’a été annoncé, les deux parties affichent un optimisme prudent, saluant des échanges plus ouverts que lors des précédentes rencontres.

Des discussions plus franches, mais sans percée

Les discussions, organisées sous médiation omanaise, ont réuni Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, et Steve Witkoff, émissaire américain pour le Moyen-Orient. Selon Araghchi, les pourparlers ont été « beaucoup plus sérieux et explicites » que les trois cycles précédents, avec des sujets abordés en profondeur.

Un haut responsable américain, s’exprimant sous anonymat, a lui aussi salué la qualité des échanges, affirmant que les États-Unis étaient « encouragés par les résultats » et attendaient une prochaine rencontre dans un avenir proche.

L’enrichissement d’uranium au cœur du désaccord

Le principal point de friction reste l’enrichissement d’uranium. L’Iran revendique un droit « non négociable » à cette activité, pilier de son programme nucléaire. « L’enrichissement doit continuer. Il n’y a pas de place pour un compromis », a martelé Abbas Araghchi, tout en indiquant que Téhéran pourrait accepter de limiter le taux d’enrichissement pour instaurer la confiance.

Actuellement, l’Iran enrichit l’uranium à 60 %, soit bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée par l’accord de 2015. Si le seuil militaire est de 90 %, les stocks iraniens inquiètent de plus en plus les puissances occidentales, qui redoutent un basculement vers un programme militaire.

Une ligne rouge pour Washington

Du côté américain, la position est inflexible. Steve Witkoff a averti que l’administration Trump s’opposait catégoriquement à tout enrichissement, ajoutant que les installations de Natanz, Fordo et Ispahan devaient être démantelées. « Si les pourparlers ne sont pas productifs dimanche, ils ne continueront pas et nous devrons emprunter une autre voie », avait-il prévenu deux jours avant la rencontre.

Vers un nouvel accord… ou une impasse ?

L’objectif des discussions est de négocier un nouvel accord qui empêcherait l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, en échange d’une levée des sanctions internationales qui pèsent lourdement sur l’économie iranienne. Téhéran nie vouloir se doter de l’arme atomique, affirmant que son programme est purement civil.

L’accord de 2015, conclu entre l’Iran et les grandes puissances (dont les États-Unis), est devenu caduc après le retrait unilatéral de Washington en 2018, sous le premier mandat de Donald Trump. Depuis, l’escalade des tensions a compromis toute reprise du dialogue direct entre les deux pays, qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Une dynamique fragile mais réelle

Depuis le 12 avril, trois cycles de négociations ont déjà eu lieu, toujours à Mascate, et toujours via la médiation d’Oman, qui joue un rôle clé dans ce dossier ultrasensible. La fragilité de la dynamique actuelle inquiète les diplomates, mais la volonté des deux parties de poursuivre les échanges laisse entrevoir une fenêtre d’opportunité étroite pour relancer un processus diplomatique durable.

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