Chaque année, le Festival de Cannes est le théâtre de plusieurs compétitions et sélections qui mettent en lumière les talents émergents et confirmés du septième art. Pour cette 78 ème édition qui débute ce mardi 13 mai, six films africains sont à suivre.
Entre fictions historiques, drame social ou encore polar, le septième art africain va donner à voir selon l’expression consacrée lors de cette 78 ème édition du Festival de Cannes qui va se dérouler du 13 au 24 mai. Six œuvres africaines avec une première historique pour le cinéma Nigeria sont à découvrir.
» Promis le ciel » .
Après le succès de son précédent film » Sous les figues », la réalisatrice franco-tunisienne, Érigé Sehri est de retour à Cannes avec » Promis le ciel » qui est sélectionné dans la catégorie » Un Certain regard ». Son nouveau long-métrage aura d’ailleurs l’honneur de faire l’ouverture de cette compétition. Ce film nous invite dans l’univers de Marie, une pasteure ivoirienne vivant à Tunis, qui ouvre sa porte à des jeunes femmes : Naney, une mère en quête d’un avenir, et Jolie, une étudiante déterminée. « Promis le Ciel » explore avec les thèmes de la solidarité, des migrations et de la quête d’identité, alors que la situation des migrants subsahariens devient de plus en plus précaire en Tunisie ces dernières années.
Aisha can’t Fly away, un regard sur la vie des migrants au Caire.
Réalisé par Morad Mostafa, ce film raconte le quotidien d’ Aisha, une jeune aide-soignante somalienne de 26 ans vivant à Ain-shams, un quartier du Caire, en Egypte où réside une importante communauté de migrants subsahariens. Présenté dans la catégorie « Un Certain regard », le film explore les tensions violentes entre différentes communautés et les gangs qui contrôlent le quartier, dans l’indifférence des autorités. Ce premier long-métrage de Morad Mostafa offre un regard intime et poignant sur les défis auxquels sont confrontés les migrants en Egypte, mettant en lumière les réalités des communautés souvent invisibilisées et ignorées.
« Indomptables »
Le retour aux racines de Thomas Ngijol. L’humoriste fait un sacré virage avec son nouveau film » Indomptables », présenté à la « Quinzaine des cinéastes ». Habitué de la comédie, il s’essaie ici au registre plus sombre du polar. Inspiré du documentaire « crime à Abidjan » de Moscou Levi Bocault, le film suit le commissaire Billong, qui enquête sur le meurtre d’un officier de police à Yaoundé au Cameroun. À mesure que l’enquête progresse, il se retrouve confronté à des dilemmes moraux et éthiques qui le poussent à bout. À travers son personnage central, Thomas Ngijol questionne les limites de la loi et de la morale dans une société en proie à la corruption et à la violence.
« My father’s Shadow«
Une première historique pour le cinéma nigérian. Réalisé par Akinola Davies Jr, » My father’s Shadow » est une étape importante pour le cinéma nigérian. C’est la première fois qu’un film nigérian est en sélection officielle à Cannes. Le film se déroule sur fond des élections présidentielles de 1993 au Nigeria. Organisées après des années de régime militaire, ces élections visaient à rétablir un gouvernement civil. Cependant, ces élections, considérées comme les plus libres du pays à l’époque, ont été annulées par le général Ibrahim Babangida, alors chef de l’État. Ce qui a déclenché une crise politique majeure et conduit à une période prolongée d’instabilité avec une centaine de morts durant des manifestations. Dans ce long-métrage, le réalisateur suit l’histoire de deux jeunes frères qui passent une journée ensemble dans un contexte troublé dans la mégapole de Lagos. Ce récit semi-auto biographique offre un aperçu des dynamiques familiales et politiques complexes de cette période de l’histoire politique du Nigéria.
« L’mina, au plus près du travail informel au Maroc.
Ce court-métrage de 26 minutes réalisé par Randa Maroufi, est présenté à la « Semaine de la critique ». Le film se déroule à Jerada, une ville minière du Maroc, où l’exploitation du charbon, bien qu’officiellement arrêtée en 2001, se poursuit de manière informelle. « L’mina » permet d’appréhender les conditions de vie des habitants de cette région. Le film utilise un dispositif de décor collaboratif, impliquant directement les résidents de Jerada qui jouent d’ailleurs leur propre rôle. Ce projet est le cinquième court-métrage de l’artiste plasticienne et réalisatrice Randa Maroufi.
» La Vie après Siham », un documentaire sur le deuil.
Réalisé par le franco-égyptien Namir Abdel Messeeh, le document est sélectionné par l’Acid( Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Son précédent film, » La vierge, les coptes et moi », sortie en 2012, explorait avec humour sa relation avec sa terre natale et sa famille copte. Ce nouveau documentaire intime suit Namir, qui, après la disparition brutale de sa mère Siham, replonge dans ses souvenirs d’enfance et ceux de leur quartier. À travers une enquête sur son histoire familiale entre l’Égypte et la France, Namir explore les thèmes du deuil, de la mémoire et de l’identité. Le film est une réflexion sur l’impact durable de la perte d’un être cher.
Le délégué général du Festival de Cannes a annoncé que 22 films sont en compétition et c’est » Partir un jour », le premier film de la jeune réalisatrice française, Amélie Bonnin qui va ouvrir cette 78 ème édition, dont le jury sera présidé, par l’actrice française Juliette Binoche.