Alors que, malgré la trêve acceptée par l’Inde et le Pakistan, à la fin de la semaine dernière, les hostilités ont repris entre les deux pays (tous deux possesseurs de la bombe atomique). Le Premier ministre indien, Narendra Modi ayant déclaré que cette trêve n’était qu’une suspension de l’offensive de son armée.
Modi prévient : l’Inde n’a fait que « suspendre » son offensive
Alors qu’un cessez-le-feu semble être entré en vigueur depuis le week-end, le Premier ministre indien Narendra Modi a déclaré le lundi 12 mai, dans ses premiers commentaires publics, que l’Inde n’avait pas mis fin à son offensive, mais l’avait simplement « suspendue temporairement ». Il a ajouté que toute nouvelle attaque terroriste serait suivie d’une riposte immédiate et déterminée.
« Nous surveillons chaque pas du Pakistan », a-t-il affirmé, soulignant que l’Inde ne discuterait avec Islamabad que de la question du terrorisme et du Cachemire sous administration pakistanaise.
Modi a aussi écarté toute perspective de dialogue plus large avec le Pakistan et a rejeté l’offre de médiation du président américain Donald Trump, insistant sur le fait que :
« La terreur et les pourparlers ne peuvent aller de pair. La terreur et le commerce non plus. »
Un cessez-le-feu fragile, des civils en retour
Depuis l’accord de cessez-le-feu annoncé samedi, aucun tir n’a été signalé dans la région du Jammu-et-Cachemire ou le long de la ligne de contrôle (LoC), selon les autorités militaires des deux pays. Des contacts directs entre les hauts responsables militaires indiens et pakistanais ont eu lieu lundi pour évaluer la situation et discuter d’une possible réduction des forces dans les zones frontalières.
L’armée indienne s’est engagée à ne pas « tirer un seul coup de feu » et à ne pas entreprendre d’actions offensives tant que le cessez-le-feu tiendra. Des civils déplacés par les récents affrontements dans les deux pays ont commencé à regagner leurs foyers.
Une escalade sans précédent depuis des décennies
L’attaque de Pahalgam et les frappes qui ont suivi ont déclenché la plus grave confrontation militaire entre l’Inde et le Pakistan depuis plusieurs décennies. Après les bombardements de Muridke, les deux pays ont échangé des tirs d’artillerie lourde, puis des frappes de drones et de missiles, touchant principalement des bases militaires et aéroports de part et d’autre de la frontière.
Selon les chiffres avancés par les deux gouvernements, des dizaines de civils et de soldats auraient péri dans les affrontements. L’armée indienne affirme avoir neutralisé plus de 100 combattants, dont plusieurs chefs de groupes islamistes. Le maréchal de l’air indien, AK Bharti, a assuré que les cibles étaient exclusivement des « terroristes » et non l’armée ou les civils pakistanais.
Appels à la désescalade sur la scène internationale
Les principales puissances internationales, dont les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Union européenne et l’ONU, ont appelé à la retenue et au dialogue. Le président pakistanais Shehbaz Sharif a déclaré avoir accepté le cessez-le-feu « dans un esprit de paix », tout en avertissant que le Pakistan ne tolérerait aucune violation de sa souveraineté.
Malgré l’accalmie apparente, le risque d’une nouvelle flambée demeure élevé, dans un contexte où la région du Cachemire reste une poudrière historique, revendiquée par les deux puissances nucléaires depuis 1947.