Au Portugal, l’alliance gouvernementale modérée de droite qui gouverne le pays depuis un an a gagné les élections législatives anticipées, mais elle aura du mal à constituer une majorité solide. L’extrême droite, en hausse, dépasse la barre de 20% des voix et talonne les socialistes en chute libre.
Au Portugal, l’Alliance démocratique(AD) a remporté les élections législatives anticipées de dimanche 18 mai et a renforcé la position du Premier ministre Luis Montenegro, tandis qu’à l’inverse, la chute brutale du Parti socialiste(PS) a conduit à la démission de Pedro Nuno Santos.
Pari réussi pour le Premier ministre portugais sortant, candidat à sa succession. Il a toujours rejeté les accusations des conflits d’intérêts qui l’ont conduit à la chute, un an seulement après son arrivée au pouvoir. Il a consolidé « l’AD », l’Alliance de droite qu’il dirige entre son parti, le Parti social démocrate et le Parti des démocrates chrétiens.
Si cette coalition est arrivée en tête et s’est même renforcée, elle reste en minorité, avec 32,1% des suffrages( trois points de plus qu’en 2024) et 86 députés (+6) sur les 230 qui composent l’Assemblée de la République. Cela devrait lui suffire pour être à nouveau chef du gouvernement, à la tête d’une majorité relative.
La vraie surprise vient de la seconde position disputée entre Parti Socialiste et le parti Chega(Assez )d’extrême droite, porté par son chef de file populiste, ouvertement xénophobe et révisionniste, André Ventura . Avec 22,6%, le parti d’extrême droite a fait bien mieux que son score aux législatives de mars 2024 , talonnant le Parti socialiste (PS) et ses 23,4%. Après cette déconvenue, (le pire Resultat du PS depuis 1987), le chef de l’opposition socialiste, Pedro Nuno Santos a annoncé sa démission dimanche soir, déclarant qu’il demanderait des élections internes auxquelles » il ne se représenterait pas ». Pedro Nuno Santos a perdu environ 420.000 voix et 20 députés par rapport aux dernières élections. Le dirigeant socialiste a dit clairement « assumer » ses « responsabilités », mais a prévenu, « je ne renoncerai pas à me battre », citant Mário Soares.
Chaga obtient ainsi le même nombre de députés que les socialistes ( 58), dans une campagne au cours de laquelle, son président André Ventura, un ancien commentateur de football de 42 ans, a été perturbé par deux malaises dont il a été victime devant les caméras de télévision.
» Lors de ces élections, Chega est devenu le deuxième parti de cette démocratie. Quel plaisir de regarder la carte du Portugal et de voir tant de victoires de la Chega », a déclaré le chef de la Chega à ses partisans, soulignant que le résultat du parti « mettait fin au bipartisme ». Nous avons vraiment fait ce qu’aucun parti n’a jamais fait au Portugal. Aujourd’hui, nous pouvons officiellement déclarer, devant tout le pays et avec certitude, que le bipartisme au Portugal, c’est la fin », a-t-il souligné.
Le parti communiste portugais (PCP) avec la Coalition démocratique unitaire obtient 3 sièges et le Bloc de gauche un siège, soit des reculs respectifs de un et quatre sièges, tandis que les écologistes de Livre en emportent 6. Les quatre mandats des circonscriptions de l’étranger ne seront, eux attribués que dans les prochains jours.
Avocat de 52 ans, Luis Montenegro était le personnage central de ces élections, qu’il a lui-même provoqué en démissionnant en mars sur fond de soupçon de conflit d’intérêts concernant les activités d’une société de conseil enregistré à son domicile et au nom de ses enfants
Mais les débats pendant la campagne ont porté sur des thèmes favorables à la rhétorique d’extrême droite, comme l’éthique des responsables politiques ou l’immigration. Le Portugal a vu le nombre d’étrangers quadrupler depuis 2017, atteignant désormais 15% de la population, sur 10 millions d’habitants au total, et l’exécutif de Luis Montenegro a déjà durcit la politique migratoire du pays, qui était l’une des plus souples d’Europe.