RDC – Levée d’immunité parlementaire : Joseph Kabila dénonce des « décisions arbitraires »

L’ancien président de la RDC et sénateur à vie Joseph Kabila a dénoncé vendredi 23 mai, au lendemain de la levée de son immunité parlementaire  » des décisions arbitraires » du gouvernement de Kinshasa, indiquant vouloir se rendre prochainement à Goma, tenue par les rebelles du M23.

Vingt quatre heures seulement après la levée de son immunité parlementaire par le sénat congolais, la réaction de Joseph Kabila ne s’est pas faite attendre. Il s’est exprimé dans une allocution d’environ 45 minutes diffusée en ligne, vendredi 23 mai, fustigeant « la dictature » du gouvernement de Kinshasa et a annoncé qu’il sera « dans les prochains jours » à Goma, ville de l’est tenue par le groupe armé M23.

Pour une sortie attendue, celle de ce vendredi a tenue toutes les fruits des promesses. Personnage secret et taiseux, Joseph Kabila, 53 ans, a justifié son intervention  » parce que l’enjeu est de taille non pas pour ma famille, moins encore pour ma modeste personne, mais plutôt pour la nation congolaise ». Dans une posture de sauveur, M. Kabila qui a dirigé la République Démocratique du Congo(RDC)de 2001 à 2019 a expliqué que  » continuer à me taire m’aurait rendu poursuivable devant le tribunal de l’histoire pour non-assistance à plus de 100 millions de compatriotes en danger ».

Il est revenu sur les menaces de poursuites judiciaires qui pèsent désormais sur lui. Même s’il est resté évasif, n’évoquant pas le fond du dossier, il a par contre dénoncé à ce propos, une série de  » décisions arbitraires », accusant les autorités de Kinshasa de  » se défausser sur les autres pour justifier leurs contre-performances ».

Sans jamais prononcer le nom de son successeur, Félix Tshisekedi, il a déclaré que  » la dictature doit prendre fin et la démocratie, tout comme la bonne gouvernance économique et sociale doivent être restaurées ». Avec véhémence il a affirmé que la RDC est un pays « gravement malade, un État en faillite, divisé, désintégré, au bord de l’implosion », devenu un  » espace de « non droit » dans lequel  » la volonté du Chef de l’État tient désormais lieu de loi suprême ».

Abordant le plan sécuritaire, M. Kabila a jugé la situation qui prévaut actuellement dans le pays de  » déliquescente » et reproché à son successeur de s’être détourné  » des instruments internationaux » qui étaient à la base de l’architecture de paix et de sécurité qui a permis la stabilité régionale.

Terminant son adresse, l’ancien chef de l’État a appelé à un sursaut patriotique à travers un  » pacte citoyen » articulé sur 12 points dont les principaux sont: « arrêter la guerre, neutraliser tous les groupes armés, rétablir les libertés fondamentales ou encore réconcilier les congolais ». Des instruments qui permettraient selon lui de « tirer le pays du gouffre ». Une opération où chaque congolais est acteur et doit jouer sa partition.  » Je m’engage à jouer la mienne » a -t-il promis et  » prêt au sacrifice suprême », a-t-il ajouté.

Sur le terrain, l’étau se resserre autour des anciens proches de l’ex président, certains comme le général Pierre Banywesize, longtemps chef de la sécurité de l’ancien président et Martin Kabwelulu, ex ministre des mines, ont été arrêtés.

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