La Cour suprême des EUA autorise Donald Trump à révoquer le statut légal de plus de 500 000 immigrés, la décision inquiète à Port-au-Prince(Haïti)

À Port-au-Prince, la décision de la Cour suprême des États-Unis d’autoriser temporairement Donald Trump à mettre fin au statut légal des bénéficiaires du programme Humanitarian Parole, le 30 mai, suscite indignation et inquiétude. Des citoyens dénoncent une mesure brutale. C’est pour eux comme un coup de poignard pour des milliers d’Haïtiens en quête de mieux-être.

Malgré une suspension par une juge fédérale, la Cour suprême a levé, vendredi 31 mai, le blocage du statut légal de 530.000 réfugiés. Trump voit ainsi sa politique migratoire relancée. Une décision qui résonne fort et très mal dans les rues de la capitale haïtienne, Port-au-Prince.

Suite à cette annonce, la menace d’expulsion des migrants haïtiens bénéficiaires de ce programme est imminente. Et cela fait déjà peur à Colson, un habitant de la capitale de Haïti. Il appelle à la clémence de Donald Trump «Haïti est un pays qui traverse de grandes difficultés : insécurité, conditions de vie difficiles, chômage… Et maintenant, si l’on expulse ces migrants, que vont-ils faire ? Beaucoup d’entre eux avaient déjà vendu tout ce qu’ils possédaient pour partir à la recherche d’une vie meilleure.  Donald Trump doit revoir ces décisions. Il ne peut pas expulser ces personnes ainsi, sans tenir compte de leur réalité », a-t-il confié à l’AFP.

D’autres citoyens disent ne pas être étonnés de cette décision qui, selon eux, est la suite logique d’une politique migratoire sévère annoncée de longue date. Mais, si demain Donald Trump décide d’expulser des migrants haïtiens, les conséquences pourraient être catastrophiques. Dans un pays où l’insécurité règne, où les structures d’accueil sont inexistantes, avec des dirigeants qui restent toujours silencieux fustigent ces derniers.

Cette mesure va écourter la durée du statut de protection temporaire à quelque 520 000 Haïtiens aux États-Unis d’Amérique, qui les protège d’une expulsion, fixant sa nouvelle date d’expiration au mois d’août. Ce « statut de protection temporaire » (TPS) avait été prolongé en juin de 18 mois pour les Haïtiens, jusqu’en février 2026.

Cette protection temporaire est accordée aux citoyens étrangers, dont la sécurité n’est pas assurée s’ils rentrent dans leur pays en raison de conflits, de catastrophes naturelles ou d’autres conditions « extraordinaires ». Elle ne permet pas de devenir citoyen états-unien.

La Cour suprême des EUA a accordé vendredi 30 mai, un succès au président Donald Trump dans sa politique d’expulsions massives en l’autorisant provisoirement à révoquer le statut légal de plus de 530 000 immigrés vénézuéliens, cubains, nicaraguayens et haïtiens.

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