Nigel Farage a annoncé que son parti Reform UK accepterait désormais les dons en cryptomonnaies. C’est une première au Royaume-Uni, mais qui éveille des interrogations sur la transparence de ces transactions.
Le Royaume-Uni pourrait-il devenir l’une des nations les plus crypto-friendly au monde ? C’est en tout cas l’ambition affichée par Nigel Farage, chef du parti Reform UK, qui a profité de la conférence Bitcoin 2025 à Las Vegas pour annoncer son projet de loi baptisé Crypto Assets and Digital Finance Bill. Une loi sur laquelle il a travaillé plusieurs mois et en laquelle il place de grands espoirs.
Lors de la conférence Bitcoin 2025 à Las Vegas, Nigel Farage, leader de Reform UK, a dévoilé un ambitieux projet de loi visant à transformer le Royaume-Uni en un pôle mondial des cryptomonnaies. Au programme : réduction de la fiscalité, création d’une réserve de Bitcoin à la Banque d’Angleterre et protection des utilisateurs contre les fermetures de comptes bancaires.
Il vise à moderniser la régulation des cryptomonnaies au Royaume-Uni, avec une feuille de route précise. Parmi les mesures phares, on trouve une réduction de l’impôt sur les plus-values liées aux actifs numériques, passant de 24% à 10%.
La loi prévoit également une nouvelle interdiction aux banques de fermer un compte simplement parce que son titulaire achète des crypto monnaies « Fini les opérations de débanking, mesdames et messieurs. Oui, nous prenons cela très, très au sérieux ». Il a en effet rappelé que 7 millions de Britanniques détiennent des cryptomonnaies, soit environ 1 adulte sur 7, et que ce chiffre grimpe à 1 sur 4 chez les moins de 30 ans.
Enfin, Nigel Farage souhaite créer une réserve de bitcoin au sein de la Banque d’Angleterre, une première pour une institution financière majeure du pays. Cette mesure fait écho à l’expérience personnelle de l’homme politique, dont le compte chez Coutts avait été fermé en 2023, suscitant un débat national sur la liberté financière.
Si cette loi voyait le jour, Londres pourrait bien s’imposer comme l’un des futurs bastions mondiaux de la crypto monnaie. Et c’est bien ce que Nigel Farage espère. Si Nigel Farage se veut le chantre d’une « révolution crypto » au Royaume-Uni, la France adopte une position beaucoup plus mesurée, voire frileuse. Actuellement, la fiscalité française sur les cryptomonnaies prévoit un impôt sur les plus-values de 30 %, via la flat tax. Aucun projet politique connu ne vise à réduire ce taux ou à favoriser les investisseurs en crypto. La question des cryptomonnaies reste absente des débats, y compris en période électorale.
Si Nigel Farage remportait les élections générales prévues en 2025, il pourrait bien faire entrer le Royaume-Uni dans une nouvelle ère financière. Au Royaume-Uni, en avril dernier, la ministre des Finances, Rachel Reeves, avait annoncé un projet de réglementation visant à encadrer pour la première fois les activités liées aux cryptoactifs dans le but d’en faire un « leader mondial » en la matière.