Le Candidat conservateur Karol Nawrocki a remporté l’élection présidentielle polonaise de dimanche 1er juin avec 50, 89% des voix contre le maire libéral de Varsovie, Rafal Trzaskowski. Le candidat nationaliste aura désormais en main tous les instruments pour ralentir l’action du gouvernement libéral et pro-UE dont il a annoncé la chute prochaine.
En Pologne, c’est un revers majeur pour le gouvernement du Premier ministre Donald Tusk, après la défaite du maire libéral de Varsovie, Rafal Trzaskowski face au conservateur Karol Nawrocki, arrivé en tête au second tour de l’élection présidentielle qui s’est déroulée ce dimanche 1 juin.
Selon les résultats officiels publiés lundi, Karol Nawrocki(indépendant) a obtenu 50,89% des suffrages, contre 49,11% pour son adversaire, Rafal Trzaskowski(Coalition civique, KO). Cette victoire assure la présence d’un président conservateur jusqu’à 2030 à la tête de l’État, prolongeant ainsi l’influence du PiS même après la perte du pouvoir parlementaire.
Le président conservateur sortant Andrzej Duda a félicité Karol Nawrocki sur les réseaux sociaux, remerciant également les polonais pour leur forte participation qui selon les instituts de sondage s’élevait à 72,8%. Cette victoire voit les ambitions de Donald Tusk menacées. En Pologne, le chef de l’État exerce une influence sur la politique étrangère et de défense. Il dispose également d’un pouvoir de veto au niveau législatif, qui ne peut être annulé que par une majorité des trois cinquièmes au parlement.
Avant la proclamation des résultats et devant ses partisans, Karol Nawrocki annonçait déjà les couleurs en affirmant que » cette nuit, nous allons gagner, nous gagnerons et sauverons la Pologne . Nous permettons pas que Donald Tusk ait le monopole du pouvoir ».
Cette défaite de Rafal Trzaskowski constitue un obstacle majeur pour Donald Tusk, son le gouvernement ne dispose pas d’une majorité suffisante au parlement pour annuler les vétos présidentiels. On imagine l’ampleur des conséquences de ces blocages pour les réformes judiciaires longtemps retardées et des lois pour le rétablissement de l’indépendance des médias. Pour plusieurs observateurs de la scène politique polonaise, la défaite du candidat Pro-UE, qui appartient au parti du Premier ministre, est un rejet du programme de l’exécutif actuel.
Des crispations avec Bruxelles
La victoire de Karol Nawrocki va renforcer les blocages sur le programme progressiste du gouvernement et renforcer des tensions avec Bruxelles notamment sur les questions concernant l’État de droit. M. Nawrocki a exprimé son scepticisme à l’intégration plus poussée de l’UE, ainsi que de l’utilisation d’instruments de dette européens communs et du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) de la commission européenne.
La présidente de l’exécutif de l’UE, Ursula von der Leyen, a néanmoins félicité ce lundi le candidat nationaliste pour sa victoire à la présidentielle, se disant confiante dans la poursuite d’une » très bonne coopération » avec Varsovie.
Dans un communiqué félicitant Karol Nawrocki pour sa victoire, le président allemand, Frank Walter Steinmeier a appelé son nouvel homologue polonais a coopérer » sur la base de l’État de droit » alors que le candidat nationaliste fraîchement élu menace de durcir le ton avec Berlin et Bruxelles. Un reflet des préoccupations des Européens qui voyaient d’un bon œil les efforts de Donald Tusk pour remettre la Pologne en cohérence avec les valeurs européennes.
Le chef de la diplomatie française a aussi appelé M. Nawrocki » à œuvrer aux côtés de la France et de l’Allemagne (…) à la souveraineté et à l’autonomie stratégique européenne. » Interrogé sur un éventuel revirement de la Pologne après la défaite du candidat pro-européen à la présidentielle, M. Barrot a souligné que » la conduite du gouvernement est quand même assuré par le Premier ministre » centriste Donald Tusk, ancien président du Conseil européen.