Corée du Sud : le candidat du centre gauche Lee Jae-myung élu président

Après six mois de crise politique marquée par une tentative de coup d’État et la procédure de destitution du président Yoon Suk-yeol, les Sud-Coréens ont élu ce mardi 3 juin leur nouveau chef d’État. Le candidat de centre gauche Lee Jae-myung est arrivé très largement en tête des suffrages avec 51,79 %.

Le candidat de centre gauche Lee Jae-myung est sorti vainqueur du scrutin présidentiel selon un sondage sortie des urnes publié par les chaînes de télévision ce mardi 3 juin. Grand favori de cette élection il a devancé son principal adversaire, le représentant du Parti du pouvoir populaire (PPP, conservateur), Kim Moon-soo, qui recueille 39,3% des suffrages. Une élection marquée par une forte participation.

Le taux de participation s’établissait à 77,8% une heure environ avant la fin du vote. Un chiffre révélateur de la mobilisation des Sud-Coréens dans les bureaux de vote pour désigner leur nouveau chef de l’État et mettre fin à six mois de chaos politique causé par la tentative avortée du précédent président de la République Yoon Suk-yeol, d’imposer la loi martiale. Les Sud-Coréens espèrent que l’arrivée de Lee Jae-myung permettra de tourner la page après des mois de chaos politique marqué par des manifestations massives et des rebondissements judiciaires

Élu sans surprise

Sans surprise Lee Jae-myung, chef du Parti démocrate et grand favori de cette présidentielle à un tour a réussi son pari. Ancien ouvrier de 61 ans, il s’était distingué le soir de la loi martiale en diffusant en direct sa course effrénée vers le Parlement cerné par l’armée, où il avait réussi à se faufiler avec près de 200 autres députés pour voter une motion mettant en échec le coup de force du président Yoon. Après avoir frôlé la mort l’an dernier lors d’une tentative d’assassinat, il a fait campagne en gilet pare-balles et prononcé ses discours derrière des vitres blindées.

Élu malgré une procédure en justice

Début mai, le président élu avait vu sa campagne prendre un coup. La Cour suprême coréenne avait annulé sa relaxe dans une affaire d’infraction à la loi électorale et ordonné un nouveau procès, qui aurait pu compromettre sa candidature. Il avait été relaxé au mois de mars en appel dans cette affaire. Il était accusé d’avoir proféré de fausses déclarations durant la campagne de l’élection présidentielle de 2022 finalement remportée par Yoon Suk Yeol. La Cour suprême a annulé cette relaxe et décidé qu’un nouveau procès était nécessaire, arguant d’un « malentendu juridique.

Les chantiers qui attendent le futur président

Le futur président du pays de 52 millions d’habitants devra faire face à une crise économique qui s’aggrave, l’un des taux de natalité parmi les plus bas au monde et à la hausse du coût de la vie. Il devra également répondre à la menace de son imprévisible voisin nord-coréen, et se positionner dans l’affrontement entre les États-Unis, garant traditionnel de la sécurité du pays, et la Chine, son principal partenaire commercial. Les milieux d’affaires attendent de la stabilité pour piloter la quatrième économie d’Asie, très dépendante de ses exportations, dans un environnement agité par les guerres commerciales de Donald Trump.

Le nouveau président sud-coréen est un ancien avocat spécialiste des droits de l’homme. Chef de l’opposition de centre gauche, Lee Jae-myung avait perdu d’extrême justesse face à Yoon Suk-yeol en 2022. Il devrait prendre ses fonctions dès que la Commission électorale nationale aura certifié les résultats, probablement tôt mercredi matin.

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