Le Vietnam a décidé samedi d’augmenter ses taxes sur la bière et les boissons fortement alcoolisées à 90% d’ici 2031, contre 65% actuellement, ont rapporté les médias d’État.
Samedi 14 juin, l’Assemblée nationale vietnamienne a approuvé une proposition visant à porter la taxe spéciale sur la consommation d’alcool de 65 % actuellement à 90 % d’ici 2031, une mesure qui ajoutera aux difficultés rencontrées par le secteur, même si le taux maximal ne sera pas aussi élevé que prévu initialement.
Le ministère des Finances a déclaré que l’objectif de cette hausse des taxes était de réduire la consommation d’alcool. Le Vietnam est le deuxième marché de la bière en Asie du Sud-Est, selon un rapport du cabinet de conseil KPMG publié en 2024.
L’industrie brassicole vietnamienne, dominée par le brasseur néerlandais Heineken, le danois Carlsberg et les brasseurs locaux Sabeco et Habeco, est déjà confrontée à des difficultés liées à l’entrée en vigueur en 2019 d’une législation stricte en matière de conduite en état d’ivresse, qui fixe une limite d’alcoolémie de zéro pour les conducteurs.
En réponse à la baisse de la demande et à la proposition initiale de hausse des taxes, Heineken a suspendu l’année dernière l’activité de l’une de ses brasseries au Vietnam. Samedi, les parlementaires ont également approuvé une nouvelle taxe de 8 % sur les boissons sucrées contenant plus de 5 g de sucre pour 100 ml, qui entrera en vigueur en 2027 et passera à 10 % en 2028.
En vertu de cette législation, le taux d’imposition sur la bière et les spiritueux forts passera à 70 % d’ici 2027, soit un an plus tard que prévu initialement, avant d’atteindre 90 % en 2031. Le Vietnam impose actuellement une taxe de 65 % sur ces produits et la proposition initiale de l’année dernière prévoyait une augmentation de la taxe jusqu’à 100 %.
La culture de la boisson alcoolisée dans le pays d’Asie du Sud-Est a « des racines bien trop profondes pour être enrayée par la seule politique », estime cependant Dan Martin, conseiller en affaires internationales au cabinet de conseil Dezan Shira & Associates, auprès de l’AFP. « Ces mesures vont ralentir le marché mais pas le condamner », a-t-il confié.