Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, candidat indépendant lors du dernier scrutin présidentiel, a annoncé dans une vidéo ventilée sur les réseaux sociaux qu’il tiendra le 28 juin prochain au palais des sports de Libreville l’assemblée générale qui mettra sur pied son parti politique.
Élu le 12 avril dernier à plus de 94% de voix, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema entend s’impliquer pleinement dans la vie politique du pays. Pour preuve, répondant aux nombreuses sollicitations de ses soutiens, le chef de l’État va lancer le 28 juin prochain sa formation politique.
Dans une vidéo sommaire, et entouré de huit compatriotes incarnant la diversité socioprofessionnelle du pays, le président de la République est apparu serein et déterminé. Dans une allocution d’un peu moins de trois minutes, il a déclaré, « Le suffrage universel que vous m’avez accordé exige désormais la mise en place d’un outil politique fédérateur capable de rassembler toutes les énergies constructives de notre nation ».
Ce mouvement, dont le nom officiel sera sans doute révélé lors du congrès du 28 juin prochain, vise à consolider l’élan citoyen né autour de sa candidature et à structurer durablement une majorité politique cohérente.
Un outil électoral stratégique à l’approche des échéances
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema entend faire de ce mouvement le socle de la nouvelle majorité présidentielle, à l’approche des élections législatives et locales, prévues dès septembre 2025. L’Assemblée générale fondatrice se tiendra au Palais des sports de Libreville le 28 juin à 10 heures. À cette occasion, « l’architecture organique et fonctionnelle de notre organisation politique » sera définie, a-t-il précisé. Tous les citoyens, forces vives, intellectuels, acteurs économiques et leaders d’opinion sont appelés à y prendre part. « Votre engagement façonnera une formation politique inclusive, considérant toutes les sensibilités de notre cher pays, le Gabon », a-t-il indiqué.
Dans la classe politique gabonaise, la nouvelle n’a évidemment pas tardé à susciter des réactions contrastées, telle celle de Jean-Rémy Yama, l’une des principales figures de l’opposition. Il a confié à un média international français, qu’il regrette ce choix même s’il reconnaît à l’actuel chef de l’État le droit de créer son parti. « [Cette initiative] n’était pas nécessaire car la Constitution donne tous les pouvoirs au président, à tel point qu’il n’a même plus besoin de majorité à l’Assemblée », juge ainsi celui-ci avant de poursuivre : « Ce sera la création d’un PDG bis. Je pense que les mêmes tares qui ont été observées dans le cadre du PDG se reproduiront dans ce parti.
L’annonce du président Oligui Nguema intervient par ailleurs cinq jours après l’adoption par l’Assemblée nationale, mardi 17 juin, du projet de loi sur les partis politiques qui vise à réduire le nombre de formations de 103 actuellement à trois ou quatre seulement, comme recommandé lors du dialogue national inclusif d’avril dernier.