La vice-présidente des Philippines Sara Duterte a demandé, lundi 23 juin, l’abandon de la procédure de destitution à son encontre, déjà validée par la chambre basse.
Sara Duterte verra-t-elle sa procédure de destitution être abandonnée ? En tout cas la fille de l’ex-président Rodrigo a demandé ce lundi 23 juin au Sénat philippin, l’abandon pure et simple de cette procédure. Madame Duterte joue ainsi son avenir politique si le Sénat emboîtait le pas de la chambre basse, elle devrait quitter son poste et se verrait disqualifiée de la vie politique nationale.
La vice présidente a fait l’objet en février 2025 d’un vote de destitution par la Chambre des représentants pour des accusations de corruption, de détournement de fonds et un projet présumé de son allié et colistier, le président Ferdinand Marcos Jr.
Le Sénat philippin a voté mardi 10 juin le renvoi de la procédure de destitution de la vice-présidente Sara Duterte à la Chambre des représentants, afin d’en vérifier la conformité constitutionnelle. Cette décision suspend, pour l’heure, le procès qui pourrait mettre un terme à sa carrière politique.
Par 18 voix contre 5, les sénateurs ont soutenu une motion introduite par Alan Peter Cayetano, proche allié de la famille Duterte, visant à retourner le dossier à la Chambre basse sans l’abandonner formellement. Le président du Sénat, Chiz Escudero, a soutenu la motion, censée permettre à la Chambre de certifier que l’ensemble de la procédure a bien respecté les exigences constitutionnelles.
Le contentieux a dominé la vie politique philippine ces douze derniers mois, impliquant aussi Rodrigo Duterte, arrêté en mars dernier et extradé vers la Cour pénale internationale pour répondre de son rôle dans la sanglante guerre contre la drogue menée durant son mandat.
Avant l’ouverture du procès au Sénat, devenu cour d’impeachment, le sénateur Ronald “Bato” dela Rosa, autre fidèle des Duterte et ex-chef de la police nationale, avait tenté de faire annuler la procédure en invoquant des vices constitutionnels dans les articles d’accusation. Après le rejet de cette motion, Cayetano a proposé, selon ses mots, une voie médiane visant à « préserver l’intégrité constitutionnelle sans clore prématurément l’affaire ».
La suite du processus reste incertaine. Si le renvoi du dossier offre un sursis à Sara Duterte pour tenter de rallier les sénateurs à sa cause, la Chambre des représentants, majoritairement acquise à Ferdinand Marcos Jr., pourrait maintenir sa position. Cette prolongation de la crise ne fait que renforcer les lignes de fracture dans la vie politique philippine, polarisée autour du duel Marcos-Duterte, qui semble appelé à durer.