Trois nouveaux maires du principal parti d’opposition en Turquie ont été arrêtés ce samedi 5 juillet, a dénoncé le maire d’Ankara, affirmant que ces interpellations ont eu lieu dans le cadre d’une enquête sur des accusations de crime organisé.
Les autorités turques ont arrêté, samedi, trois maires du CHP, principal parti d’opposition, dans le cadre d’une enquête pour corruption, la même qui avait conduit en mars à la destitution du puissant maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu.
Ces arrestations sont les dernières en date d’élus du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), sur lequel le gouvernement turc exerce une pression croissante depuis sa large victoire face au parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan lors des élections locales de 2024.
Elles sont liées à une enquête sur des allégations de corruption qui a abouti à la destitution en mars du puissant maire d’Instabul, Ekrem Imamoglu, le plus important rival politique de Recep Tayyip Erdogan et le candidat du CHP pour la présidentielle de 2028.
Le parti prokurde DEM, le troisième plus important au Parlement turc, a dénoncé les arrestations. « Cette persécution des élus doit cesser », a écrit sur « X » Tülay Hatimogullari, coprésidente du DEM. « Ne pas reconnaître la volonté du peuple provoque de profonds clivages au sein de la société », a-t-elle écrit. « Ces opérations ne constituent pas une solution, mais bloquent la route vers une Turquie démocratique », selon elle.
Le DEM a collaboré étroitement avec le gouvernement Erdogan pour aider à mettre un terme au conflit qui dure depuis des décennies avec les Kurdes. Il a facilité les pourparlers qui, en mai, ont amené les militants kurdes du PKK à mettre un terme à leur lutte armée, un conflit qui a coûté la vie à près de 40 000 personnes.
En début de semaine, la police a arrêté 137 personnes à Izmir, troisième ville du pays et bastion de l’opposition, dans le cadre d’une enquête sur des allégations de corruption. Les trois maires arrêtés samedi, Zeydan Karalar, Muhittin Böcek et Abdurrahman Tutdere, sont respectivement à la tête des villes d’Adana, d’Antalya et d’Adiyaman, dans le sud et le sud-est de la Turquie.