À quelques mois de l’élection présidentielle ivoirienne, Ahoua Don Mello, candidat validé par le Conseil constitutionnel, change la donne. De prétendu outsider, il se positionne désormais comme le rassembleur de l’opposition, capable de défier le RHDP et de mobiliser une partie significative de l’électorat autour d’une vision d’autodétermination.
Don Mello, l’inattendu rival du RHDP
Ahoua Don Mello, ancien patron du BNETD et militant du PPA-CI, avait d’abord été perçu comme un candidat de second plan, en partie en raison de ses tensions initiales avec son propre parti. Mais ces frictions se sont estompées, et il a récemment annoncé sur ses réseaux sociaux qu’il confiait symboliquement sa candidature à trois figures de l’opposition : Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Affi N’Guessan.
Cette démarche, qui marque un éloignement des querelles internes de l’opposition, pourrait lui permettre de se présenter comme un candidat non clivant, capable de fédérer différents courants autour d’un objectif commun : contester le pouvoir du président Alassane Ouattara.
Une stratégie de rassemblement qui inquiète le RHDP
Pour le RHDP, habitué à exploiter les divisions chez ses opposants, l’émergence de Don Mello comme candidat rassembleur constitue un scénario inquiétant. Sa posture mesurée et sa volonté d’éviter les affrontements fratricides séduisent une partie de l’opinion, notamment ceux qui rejettent le « quatrième mandat » d’Alassane Ouattara et aspirent à un renouvellement politique.
La jeunesse ivoirienne, fortement influencée par les idéaux de l’AES et attentive aux mouvements multipolaires comme le BRICS, pourrait également trouver en Don Mello un candidat porteur d’une vision africaine indépendante et ambitieuse.
Une campagne présidentielle qui pourrait changer de tonalité
Alors que Laurent Gbagbo reste une figure historique de l’opposition, Don Mello incarne une alternative moderne, centrée sur l’autodétermination et la souveraineté économique de la Côte d’Ivoire. Ses critiques envers la gouvernance actuelle et son approche non conflictuelle pourraient transformer la campagne présidentielle en une confrontation de visions : d’un côté, la continuité avec les puissances traditionnelles et les partenariats historiques, de l’autre, une Afrique déterminée à tracer sa propre voie.
Le RHDP se retrouve donc face à un candidat capable de mobiliser l’opposition sur un terrain inédit, où la question du développement autonome et de la jeunesse africaine pourrait dominer le débat électoral.