La branche armée du Hamas a lancé samedi un avertissement glaçant à Israël : les otages encore détenus dans la bande de Gaza risqueraient de connaître le même destin que Ron Arad, pilote de chasse israélien capturé en 1986 et dont les restes n’ont jamais été retrouvés.
Un avertissement lourd de symboles
Dans un message publié sur leur chaîne Telegram, les Brigades Ezzedine al-Qassam ont diffusé des photos d’otages encore captifs, accompagnées d’un texte accusant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le chef de l’armée Eyal Zamir de mettre en péril leur vie.
« Voici une photo d’adieu prise au début de l’opération », ont écrit les Brigades, en référence à l’assaut israélien en cours sur Gaza-Ville.
Pour marquer les esprits, chacune des photos portait le nom de Ron Arad, symbole national en Israël. Capturé lors d’une mission au Liban en 1986, Arad aurait été détenu par des groupes chiites avant de disparaître. Son corps n’a jamais été restitué, et son sort reste une plaie ouverte pour Israël depuis près de quatre décennies.
Un dossier toujours sensible en Israël
La disparition de Ron Arad demeure une question centrale pour l’armée et la société israéliennes. Le rapatriement des soldats disparus ou de leurs dépouilles est considéré comme un devoir national. L’évocation de son nom par le Hamas est donc perçue comme une provocation et une pression psychologique directe sur l’opinion publique israélienne.
47 otages toujours détenus à Gaza
Sur les 251 personnes enlevées lors de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, 47 restent captives à Gaza. Selon l’armée israélienne, 25 d’entre elles seraient déjà mortes. Les familles des otages craignent que l’offensive terrestre en cours ne compromette toute chance de les récupérer vivants.
Offensive majeure sur Gaza-Ville
Mardi, Tsahal a annoncé le lancement d’une vaste opération terrestre et aérienne contre Gaza-Ville, après plusieurs semaines de bombardements intensifs visant à « anéantir le Hamas ». Des centaines de milliers d’habitants ont déjà fui les zones de combat, créant une situation humanitaire critique.
Les proches des otages, quant à eux, appellent le gouvernement israélien à privilégier une solution négociée plutôt qu’une escalade militaire, craignant que la poursuite de l’assaut ne condamne définitivement leurs proches.