Le Malawi vient de tourner une nouvelle page de son histoire politique avec le retour de Peter Mutharika à la tête de l’État. Âgé de 85 ans, l’ancien chef de l’État, qui avait dirigé le pays de 2014 à 2020, a remporté haut la main l’élection présidentielle du 16 septembre dernier, signant un véritable come-back sur la scène politique.
Une victoire sans appel
Selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale, Peter Mutharika a recueilli plus de 2,14 millions de voix, soit près de 67 % des suffrages exprimés. Une avance jugée « insurmontable » par son rival, le président sortant Lazarus Chakwera, 70 ans, qui a reconnu sa défaite le 24 septembre.
Ancien pasteur évangélique et figure politique majeure du pays, Chakwera a salué la victoire de son adversaire et appelé à l’unité nationale, dans un geste perçu comme apaisant après une campagne électorale tendue.
Un contexte socio-économique critique
Le retour de Peter Mutharika intervient dans un contexte économique particulièrement difficile. L’inflation atteint désormais 33 %, entraînant une flambée des prix des biens de première nécessité. Les pénuries de carburant et de devises étranglent l’économie, tandis que près de 70 % des 21 millions de Malawites vivent sous le seuil de pauvreté, selon les données de la Banque mondiale.
Vers une transition apaisée ?
La reconnaissance rapide des résultats par Lazarus Chakwera pourrait permettre d’éviter une nouvelle crise politique et sociale. Les dernières élections avaient été marquées par une forte méfiance envers la Commission électorale et des craintes de contestations massives. Cette transition semble pour l’instant s’annoncer plus sereine, ouvrant la voie à un nouveau mandat que Peter Mutharika promet de consacrer à la relance économique et à la stabilité nationale.