Le Maroc a connu mercredi soir un nouvel épisode de violences dans un contexte de manifestations sociales. Trois personnes ont été tuées alors qu’elles tentaient de prendre d’assaut une brigade de gendarmerie dans le sud du pays, a confirmé jeudi le Premier ministre Aziz Akhannouch.
Une attaque contre la gendarmerie
Selon les autorités locales citées par l’agence officielle MAP, des gendarmes de Lqliaâ, près d’Agadir, ont été attaqués par des groupes d’individus munis d’armes blanches. Ces derniers auraient incendié un véhicule et une partie du bâtiment, avant d’essayer de s’emparer de munitions et d’armes de service.
Face à cette situation, les forces de l’ordre ont fait usage de leurs armes « dans le cadre de la légitime défense », a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rachid El Khalfi. « Les éléments de la Gendarmerie Royale ont été contraints de tirer pour repousser l’assaut », a-t-il déclaré.
Un bilan revu à la hausse
Dans un premier temps, les autorités avaient annoncé deux morts et plusieurs blessés. Mais jeudi, le Premier ministre a porté le bilan à trois victimes. « Nous avons enregistré malheureusement le décès de trois personnes après les événements regrettables de ces deux derniers jours », a indiqué Aziz Akhannouch, dans sa première prise de parole depuis le début des manifestations.
L’identité des personnes décédées n’a pas été communiquée. Une enquête judiciaire a été ouverte sous la supervision du parquet compétent.
Des manifestations pacifiques qui dégénèrent
Cet incident dramatique survient dans un climat de tension croissante. Depuis samedi, un collectif appelé GenZ 212 organise des manifestations pour réclamer une amélioration des systèmes éducatif et de santé. Si plusieurs rassemblements se sont déroulés pacifiquement, d’autres ont été émaillés de violences.
Mercredi soir, pour la première fois, certaines de ces manifestations ont été autorisées par les autorités, mais elles ont également donné lieu à des affrontements dans plusieurs villes.
L’incident le plus grave depuis le début du mouvement
La tentative d’assaut contre la brigade de Lqliaâ est considérée comme le plus grave épisode de violences depuis le début des protestations. Elle illustre la fragilité de la situation, alors que le mouvement prend de l’ampleur et que le gouvernement est confronté à une contestation sociale sans précédent.