Après seulement 27 jours entant que 1er ministre, Sébastien Lecornu démissionne – la France replongée dans l’incertitude politique

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a présenté ce lundi sa démission au président Emmanuel Macron, à peine quelques semaines après sa nomination à la tête du gouvernement. Une décision surprise qui ravive la crise politique que traverse l’exécutif depuis les élections législatives anticipées de l’été.

Une démission soudaine, mais sous tension

Selon un communiqué publié sur le site officiel du gouvernement, Lecornu a remis sa démission dans la matinée, et celle-ci a été immédiatement acceptée par Emmanuel Macron. Aucune déclaration publique du Premier ministre démissionnaire n’a encore été faite, mais plusieurs sources proches de Matignon évoquent des désaccords internes profonds, notamment autour de la composition du gouvernement et de la ligne politique à adopter face à une Assemblée nationale sans majorité claire.

Lecornu, 38 ans, ancien ministre des Armées, avait été nommé Premier ministre à la fin du mois d’août, succédant à Gabriel Attal. Sa mission : réunifier une majorité fracturée et ramener de la stabilité politique après des mois de tensions entre l’Élysée, les oppositions et une opinion publique de plus en plus critique.

Un gouvernement éphémère et contesté

Dès les premiers jours de son mandat, le gouvernement Lecornu avait été confronté à des critiques virulentes de la gauche comme de la droite. La formation de son équipe ministérielle, perçue comme technocratique et éloignée des préoccupations sociales, a suscité des mécontentements jusque dans les rangs du camp présidentiel.

Plusieurs ministres clés avaient été imposés par l’Élysée, réduisant la marge de manœuvre du Premier ministre. Selon Le Monde, cette tutelle directe d’Emmanuel Macron aurait miné la relation de confiance entre les deux hommes.

Macron fragilisé et isolé

La démission de Sébastien Lecornu intervient dans un contexte politique explosif. Le président Emmanuel Macron, déjà fragilisé par la perte de sa majorité absolue et par les divisions internes de son camp, se retrouve sans chef de gouvernement à un moment où la France affronte des tensions sociales, économiques et diplomatiques.

Le départ du Premier ministre, après moins d’un mois à Matignon, marque une nouvelle crise institutionnelle et renforce le sentiment de vacance du pouvoir au sommet de l’État. Selon l’analyste politique Jean Garrigues, « cette démission précipitée illustre l’épuisement du macronisme et la difficulté du président à trouver un cap cohérent en fin de mandat ».

Vers un remaniement ou une dissolution ?

À l’Élysée, plusieurs options sont désormais sur la table :
• Nommer rapidement un nouveau Premier ministre, capable de rassembler au-delà du camp présidentiel.
• Former un gouvernement d’union nationale, hypothèse évoquée dans les coulisses depuis plusieurs semaines.
• Ou, en dernier recours, dissoudre à nouveau l’Assemblée nationale, bien que ce scénario risquerait de renforcer les extrêmes.

Selon les premières fuites, le nom de Gérald Darmanin circulerait déjà comme possible successeur, tout comme celui de Christine Lagarde, actuelle présidente de la Banque centrale européenne, bien qu’un tel retour en politique intérieure semble peu probable.

Réactions en chaîne

Du côté de l’opposition, les réactions n’ont pas tardé :
• Jean-Luc Mélenchon (LFI) a dénoncé sur X « un énième effondrement du pouvoir macroniste ».
• Marine Le Pen (RN) a fustigé « l’instabilité chronique d’un régime à bout de souffle ».
• Tandis que Les Républicains appellent à « une refondation de l’action publique » et réclament un cap clair.

Dans les médias internationaux, la démission du Premier ministre est présentée comme un revers majeur pour Emmanuel Macron, alors que la France s’apprête à jouer un rôle clé dans plusieurs dossiers européens, notamment la réforme budgétaire et la défense commune.

Une nouvelle phase d’incertitude

En attendant la nomination d’un nouveau chef de gouvernement, le pays entre dans une phase d’incertitude politique. L’exécutif espère éviter un blocage institutionnel, tandis que les marchés financiers restent prudents face à l’instabilité française.

Cette démission, la deuxième en moins d’un an, pourrait bien marquer le début d’une recomposition politique profonde en France, où les alliances se font et se défont au rythme des crises.

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