Le président de l’Université Sorbonne Nouvelle, Daniel Mouchard-Zay, a annoncé avoir saisi le procureur de la République après la publication sur le réseau social X de propos antisémites et constituant une apologie du terrorisme par le collectif étudiant « Comité Action Paris 3 ».
Ce groupe a qualifié le 7 octobre date anniversaire des attaques du Hamas contre Israël en 2023 de journée « glorieuse ».
Des propos jugés antisémites et apologétiques du terrorisme
Dans un message publié mardi soir, et toujours visible ce mercredi après-midi, le collectif a écrit :
« L’ouverture de ce compte est la deuxième chose la plus glorieuse à être arrivée un 7 octobre. »
Cette phrase, faisant explicitement référence aux attaques meurtrières du Hamas contre Israël deux ans plus tôt, a immédiatement provoqué une onde d’indignation au sein de la communauté universitaire.
Le président Daniel Mouchard-Zay a réagi dès le lendemain dans un communiqué officiel, dénonçant :
« Des propos antisémites et constitutifs d’une apologie du terrorisme. Ils sont une atteinte intolérable à nos principes fondamentaux et à nos valeurs. »
Conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale, il a saisi le procureur de la République et la commission disciplinaire de l’établissement. Il a également procédé à un signalement sur la plateforme Pharos, le portail gouvernemental de lutte contre les contenus illicites en ligne.
Un contexte universitaire déjà tendu
Cette nouvelle affaire intervient dans un climat de forte recrudescence d’actes et de propos antisémites dans les universités parisiennes.
Depuis la rentrée, plusieurs incidents ont été signalés :
• À Paris 1 Panthéon-Sorbonne, des étudiants juifs ont été exclus d’un groupe Instagram, accusés de sionisme sur la base de leurs noms et prénoms.
• Dans la même promotion, un sondage WhatsApp intitulé « Pour ou contre les juifs ? » avait également circulé.
• À Sorbonne Université, des propos qualifiés de « très graves, injurieux et antisémites » avaient été repérés sur des groupes de messagerie d’étudiants, conduisant là encore à la saisine du procureur.
La réaction des autorités
Face à cette multiplication d’incidents, le ministre démissionnaire de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, avait annoncé fin septembre la convocation urgente des recteurs et présidents d’université afin de faire le point sur la situation.
Il avait alors déclaré sur X :
« La recrudescence de l’antisémitisme dans nos universités est un signe particulièrement inquiétant. »
À la Sorbonne Nouvelle, Daniel Mouchard-Zay a réaffirmé une politique de tolérance zéro :
« La Sorbonne Nouvelle ne tolérera jamais aucune forme d’antisémitisme, de discrimination et d’incitation à la haine. Nous réagirons toujours avec la plus grande fermeté face à ces actes qui portent atteinte aux fondements de notre communauté universitaire et de notre démocratie. »
Les appels à des sanctions exemplaires
L’Union des étudiants juifs de France (UEJF), déjà mobilisée lors des précédentes affaires, a salué la rapidité de la réaction du président tout en appelant à des sanctions rapides et exemplaires.
Son président, Yossef Murciano, a rappelé :
« Le temps de la justice est beaucoup plus long que celui des études. Il faut agir vite pour protéger les étudiants et restaurer un climat de sécurité et de respect dans les universités. »
Un signal fort contre la haine
En saisissant la justice, la Sorbonne Nouvelle envoie un message clair : la liberté d’expression ne saurait justifier l’incitation à la haine ou la glorification d’actes terroristes.
L’affaire, désormais entre les mains du procureur, pourrait aboutir à des poursuites pénales contre les auteurs de la publication.
Elle illustre plus largement l’inquiétude croissante face à la banalisation de l’antisémitisme dans les milieux étudiants et la détermination des universités à préserver un espace académique sûr, libre et respectueux de toutes les convictions.