Des tirs nourris ont retenti jeudi dans le centre de Port-au-Prince, plongeant la capitale haïtienne dans un nouveau climat de tension, au moment même où les autorités tentaient de réaffirmer leur contrôle sur une zone longtemps dominée par des gangs armés.
Selon les médias locaux, la fusillade a éclaté alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, les membres du Conseil présidentiel transitoire et plusieurs hauts responsables du gouvernement participaient à une réunion exceptionnelle au Palais national. Aucun blessé ni décès n’a été signalé dans l’immédiat, mais au moins un véhicule blindé aurait été pris pour cible.
Une réunion hautement symbolique interrompue
Cette rencontre au Palais national, la première depuis plusieurs mois, devait approuver des budgets et mesures gouvernementales clés. Avant son ouverture, les représentants de l’État s’étaient réunis dans la cour intérieure du palais, accompagnés d’une fanfare policière et du hissage du drapeau haïtien — une scène destinée à symboliser la restauration de l’autorité républicaine sur le centre de la capitale.
« Cette réunion du gouvernement marque une étape symbolique et décisive dans la reprise progressive du contrôle de l’État sur le centre-ville de Port-au-Prince, cœur historique du pouvoir républicain », déclarait un communiqué officiel publié peu avant les échanges de tirs.
Fuite précipitée et panique dans la capitale
Peu après le début de la fusillade, une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux a montré une caravane de véhicules officiels quittant précipitamment le Palais national par une sortie arrière, tandis que des passants se mettaient à l’abri. Les autorités n’ont pas confirmé si le Premier ministre et les autres membres du gouvernement avaient été évacués.
Une zone encore sous influence des gangs
Le Palais national se situe au cœur d’un secteur longtemps contrôlé par la coalition de gangs “Viv Ansanm”, réputée pour sa violence et son emprise territoriale. Ce n’est que récemment que les forces de sécurité ont lancé une opération de nettoyage et de sécurisation de la zone, permettant la tenue de cette réunion.
Malgré ces efforts, les gangs continuent de dominer près de 90 % de Port-au-Prince, maintenant leur emprise sur de nombreux quartiers et axes stratégiques. Les affrontements de jeudi rappellent la fragilité de la situation sécuritaire et les défis immenses auxquels fait face le gouvernement haïtien dans sa tentative de restaurer l’autorité de l’État.