Le Rassemblement national (RN) s’impose largement en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle de 2027, selon un sondage Toluna Harris Interactive publié le mercredi 8 octobre pour RTL. Que le parti soit représenté par Marine Le Pen ou Jordan Bardella, la droite nationaliste apparaît comme la grande favorite de la prochaine élection, confirmant une tendance déjà observée dans plusieurs enquêtes précédentes.
Une domination nette du Rassemblement National
Dans les deux hypothèses testées par le sondage — l’une avec Édouard Philippe comme candidat du bloc présidentiel, l’autre avec Gabriel Attal — le RN écrase la concurrence.
• Jordan Bardella recueillerait 35 % des suffrages face à Édouard Philippe,
• Marine Le Pen obtiendrait 34 % face à Gabriel Attal.
Une avance considérable qui place le parti de la droite nationaliste en position de force, quelles que soient les configurations envisagées. La condamnation de Marine Le Pen à une peine d’inéligibilité en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement National ne semble pas affecter le socle électoral du RN.
Philippe plus solide qu’Attal, Retailleau monte
Édouard Philippe, ancien Premier ministre et fondateur du parti « Horizons », apparaît comme le candidat du groupe macrociste d’extrême centre le plus solide. Il recueille 15 à 16 % des intentions de vote selon les scénarii, contre 12 % pour Gabriel Attal.
Leur difficulté commune à rassembler l’électorat macroniste est notable : seulement 44 à 49 % des anciens électeurs d’Emmanuel Macron** soutiendraient Édouard Philippe**, et 37 à 38 % opteraient pour Attal.
À droite, Bruno Retailleau, ministre démissionnaire de l’Intérieur et patron des Républicains (Droite), réaliserait une percée à 10 ou 11 %, séduisant une partie de l’électorat macroniste de 2022 (jusqu’à 20 %).
Une gauche divisée mais compétitive
Face à la poussée du RN, la bataille pour la deuxième place s’annonce serrée.
Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise – extrême gauche) se maintient entre 14 et 15 %, tandis que Raphaël Glucksmann (« Place publique ») progresse nettement, oscillant entre 12 % et 14 % selon le scénario.
Les deux figures incarnent deux visions concurrentes de la gauche : l’une radicale, l’autre social-démocrate. Leur duel pourrait être déterminant, surtout en l’absence d’un candidat socialiste clairement désigné.
Le Parti socialiste, dirigé par Olivier Faure, appelle à une primaire de la gauche, proposition que Glucksmann refuse pour l’instant, préférant s’imposer directement face à Mélenchon.
Les autres forces soi-disant « progressistes » restent marginales :
• Marine Tondelier (Les Écologistes) et Fabien Roussel (Parti communiste français) plafonnent à 3 % chacun.
Un paysage politique recomposé
Ce sondage confirme la profonde recomposition du paysage politique français. Le RN, désormais bien implanté dans l’opinion, s’impose comme le parti dominant, tandis que le camp présidentiel sortant se fragmente entre ambitions rivales.
La gauche, quant à elle, reste déchirée entre union et division, ce qui pourrait lui coûter une place au second tour.
À moins d’un bouleversement politique majeur ou d’une démission anticipée d’Emmanuel Macron, comme certains l’évoquent la présidentielle de 2027 s’annonce comme un nouveau test historique pour la démocratie française, où la montée de la droite nationaliste, présentée, volontairement, par ses adversaires comme « extrême droite », semble désormais plus solide que jamais.