Soudan : 34 morts et des milliers de sinistrés après les crues du Nil

Les crues soudaines du Nil Bleu et du Nil Blanc ont provoqué des inondations dévastatrices dans plusieurs régions du Soudan, plongeant le pays dans une nouvelle crise humanitaire. Les pluies torrentielles ont fait céder les berges des deux fleuves, entraînant la destruction d’habitations, l’effondrement d’infrastructures et l’isolement de nombreuses localités.

Un bilan humain et matériel dramatique

Dans l’État du Nil, l’un des plus touchés, les autorités locales font état d’au moins 34 morts et 20 blessés, tandis que plus de 1 000 habitations ont été totalement détruites dans les zones nord du pays. Les eaux ont submergé des quartiers entiers, contraignant des milliers de personnes à fuir leurs maisons pour se réfugier sur les hauteurs.

Les habitants racontent avoir été surpris par la montée brutale des eaux.

« Nous avons été surpris par les inondations. Nous dormions, et vers 1h30 du matin, l’eau a envahi les maisons. Impossible de la contenir. Tout le monde ici souffre », témoigne Ramadan Ali, résident de l’État du Nil.

Des secours débordés et des moyens limités

Le manque de matériel et de ressources a considérablement ralenti les opérations de secours. Les autorités locales, soutenues par des volontaires, peinent à venir en aide aux sinistrés, d’autant que les pluies continuent de tomber sans répit, rendant les routes impraticables et l’accès aux zones sinistrées extrêmement difficile.

Cette catastrophe survient dans un contexte de crise politique et économique aiguë, qui affaiblit encore davantage les capacités de réponse du gouvernement. L’aide humanitaire, déjà limitée, peine à atteindre les zones les plus reculées.

Des défaillances de planification mises en cause

Pour de nombreux observateurs, ce drame met en lumière les failles structurelles de la planification urbaine au Soudan.

« Ce désastre aurait pu être évité. Des constructions ont été autorisées dans des zones inondables », déplore Abdul Sami Hussein, habitant de la région d’Abu Hamad.

Le ministère soudanais de l’Agriculture et de l’Irrigation avait pourtant lancé des alertes plusieurs semaines auparavant, évoquant un risque élevé d’inondation dans six États, dont Gezira et Khartoum.

Des appels à la vigilance

Face à la persistance des pluies et à la montée continue du Nil, les autorités appellent désormais les populations vivant dans les zones à risque à évacuer préventivement et à prendre toutes les précautions nécessaires.

Alors que le pays tente encore de se relever des précédentes catastrophes climatiques, ces nouvelles inondations rappellent la vulnérabilité croissante du Soudan face aux dérèglements climatiques et à l’insuffisance de ses infrastructures de protection.

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