Rafale : un rapport américain accuse la Chine d’une vaste campagne de désinformation

Six mois après les violents affrontements aériens ayant opposé l’Inde au Pakistan, un rapport américain relance la polémique sur la perte présumée d’un Rafale. Selon ce document, la Chine aurait orchestré une campagne de désinformation visant à discréditer l’appareil français et à favoriser ses propres intérêts militaires. Pékin dément fermement.

Un contexte tendu après un conflit indo-pakistanais

En mai dernier, l’escalade militaire entre l’Inde et le Pakistan avait conduit à un engagement aérien d’une ampleur rare. Un Rafale indien aurait alors été perdu au combat, ce qui a rapidement servi de base à une série de rumeurs et de contenus trompeurs circulant massivement en ligne.
Dès le mois de juin, le chef d’état-major des armées, Thierry Burkhard, dénonçait publiquement « une campagne habilement menée par la Chine » pour mettre en doute la fiabilité du fleuron de Dassault Aviation.

Un rapport américain accréditant les accusations françaises

Selon Reuters, la Commission américaine d’examen économique et sécuritaire États-Unis-Chine confirme désormais l’existence d’une campagne de désinformation d’origine chinoise.
Les enquêteurs affirment que Pékin aurait utilisé :
• de faux comptes sur les réseaux sociaux,
• des images générées par l’intelligence artificielle,
• et même des séquences issues de jeux vidéo,
pour faire croire à la destruction de plusieurs Rafale par des armes chinoises.

La Commission explique que l’Inde avait utilisé pour la première fois le chasseur français contre des systèmes d’armement chinois déployés par le Pakistan, ce qui aurait motivé Pékin à réagir pour protéger l’image de sa technologie militaire.

De vives réactions de la Chine

La Chine rejette catégoriquement les conclusions du rapport.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré que ce document était « faux » et dénué de toute crédibilité, accusant le comité américain de « parti pris idéologique ».
Selon Pékin, ces accusations s’inscrivent dans une stratégie américaine visant à nuire à son image et à limiter ses ambitions dans le domaine de la défense.

Un impact potentiel sur le marché de l’armement

Le rapport nuance toutefois : parler de « guerre par procuration » serait exagéré. Mais il souligne que la Chine aurait bien essayé de tirer profit de la situation pour promouvoir ses propres armes.
Reuters rapporte notamment que :
• le Pakistan aurait utilisé ce récit pour vanter les performances de ses équipements chinois,
• l’ambassade chinoise se serait servie de ces allégations dans sa communication commerciale,
• et le personnel diplomatique chinois aurait persuadé l’Indonésie de suspendre temporairement une procédure d’achat du Rafale.

Les auteurs du rapport reconnaissent que trois avions auraient pu être abattus lors des affrontements, mais précisent que « tous n’étaient pas forcément des Rafale ».

Ni l’Inde ni l’Indonésie n’ont répondu aux sollicitations de Reuters. En juin, Jakarta indiquait cependant étudier l’acquisition de chasseurs chinois J-10 après avoir évalué leur rôle dans le conflit indo-pakistanais.

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