Au Brésil, les députés votent un projet de loi pour réduire la peine de Bolsonaro

Mercredi, après une séance chaotique émaillée d’échauffourées, les députés brésiliens ont adopté une proposition de loi susceptible de réduire largement la peine de l’ex-président Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.(Source : AFP).

Au terme d’un débat parlementaire houleux, les députés brésiliens ont approuvé, mercredi 10 décembre, une proposition de loi visant à alléger considérablement la peine de l’ex-président Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.

Si ce texte est également adopté par le Sénat, l’ancien chef d’État d’extrême droite pourrait voir sa peine réduite à un peu plus de deux ans de prison, selon le rapporteur de la proposition. Mais la décision finale sur la durée des peines reviendra à la Cour suprême.

Le texte, qui dit chercher « la pacification » du Brésil, a été adopté par 291 voix contre 148. Il prévoit aussi d’accorder une liberté conditionnelle à plus d’une centaine de partisans de l’ex-président d’extrême droite (2019-2022) condamnés pour l’assaut contre les sièges des pouvoirs à Brasilia le 8 janvier 2023, quelques jours après l’investiture de l’actuel président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

« C’est un geste de réconciliation. Un pays ne peut rester éternellement prisonnier de son passé récent », a déclaré le rapporteur pendant la séance.

Incidents dans l’hémicycle

Les débats ont été interrompus pendant un long moment à la suite d’incidents dans l’hémicycle. Un député progouvernemental, Glauber Braga, a été expulsé manu militari par la police après avoir dénoncé une « offensive putschiste » et s’être installé dans le fauteuil du président de la chambre.

La retransmission en direct de la séance à la télévision a été coupée et les journalistes ont été chassés de la salle, ce qui a généré des bousculades et des échauffourées. Dans un communiqué, la Fédération des journalistes du Brésil a « condamné avec véhémence » cet « épisode de violence ».

Jair Bolsonaro, 70 ans, a été condamné en septembre pour tentative de coup d’État contre Lula après avoir perdu les élections en 2022. Fin novembre, il a commencé à purger sa peine dans des locaux de la police à Brasilia.

Bloquée plusieurs mois durant, la proposition a été finalement inscrite mardi à l’ordre du jour de la Chambre, pour le plus grand plaisir de l’opposition de droite qui milite en faveur d’une amnistie de l’ex-président, mais n’a pu jusqu’à présent parvenir à ses fins en raison de protestations populaires.

« Comme nous n’avons pas réussi à créer l’environnement politique et à obtenir les votes nécessaires pour voter l’amnistie, la première étape pour atteindre notre objectif sera la réduction des peines », avait déclaré, avant le vote, le député leader de l’opposition, Sostenes Cavalcante, lors d’une conférence de presse.

Le parti de la gauche au pouvoir avait de son côté qualifié l’initiative parlementaire d' »inacceptable ».

« Toute loi doit être générale. Nous faisons clairement une loi spécifique pour bénéficier à Bolsonaro », a déclaré le député leader de la majorité, Lindbergh Farias. « Ce qui se passe aujourd’hui est une honte, un attentat contre la démocratie et un effort de plus pour l’immunité » des putschistes, a-t-il ajouté.

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