L’armée israélienne a annoncé puis lancé ce lundi 5 janvier des frappes aériennes contre des positions qu’elle identifie comme appartenant au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien sur le territoire libanais, marquant une escalade des tensions malgré un cessez-le-feu précédemment conclu entre Israël et le Hezbollah.
Des ordres d’évacuation avant les frappes
Avant ces attaques, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de plusieurs villages au Liban, avertissant qu’« rester dans la zone des bâtiments signalés vous met en danger », a indiqué le porte-parole militaire Avichay Adraee dans des messages publiés sur le réseau X. Les localités mentionnées incluent Kfar Hatta et Ainan dans le sud du pays, ainsi que Hammara et Aïn el-Tiné à l’est dans la vallée de la Bekaa.
Selon des médias libanais, des frappes ont touché des bâtiments dans ces quatre villages, et une seconde série d’attaques sans avertissement préalable aurait visé aussi Saksakiyeh et Sarafand.
Des cibles Hezbollah et Hamas
L’armée israélienne affirme que ses frappes visent des infrastructures militaires liées au Hezbollah et au Hamas présents au Liban. Ce type d’action se poursuit malgré l’existence, depuis novembre 2024, d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, qui avait mis fin à plus d’un an de combats intenses avec le Hezbollah.
Selon Reuters, ces frappes viennent après les ordres d’évacuation et sont présentées par Israël comme nécessaires pour neutraliser des capacités militaires qui, selon elle, menacent sa sécurité.
Contexte du cessez-le-feu et pression régionale
L’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, conclu fin 2024 après un conflit prolongé, a en théorie réduit les hostilités directes. Toutefois, de fréquentes violations ont été rapportées de part et d’autre depuis cette date, avec plusieurs incidents et prises d’otages frontaliers.
Parallèlement, le gouvernement libanais est sous forte pression internationale, notamment américaine, pour avancer dans le processus de désarmement du Hezbollah, mouvement armé chiite soutenu par l’Iran et considéré comme une organisation terroriste par Israël et d’autres pays. Beyrouth s’était engagé à réduire progressivement la présence armée de ces groupes à proximité de la frontière d’ici fin 2025.
Conséquences et tensions persistantes
Les frappes israéliennes de ce début janvier interviennent à un moment où le processus de désarmement du Hezbollah devait être au centre d’une importante réunion gouvernementale libanaise prévue cette semaine. Certains observateurs estiment que ces opérations pourraient compliquer davantage les efforts de stabilité et ralentir les discussions entre les parties.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu fin 2024, des centaines de civils ont été tués dans des attaques attribuées à des frappes israéliennes ou à des tirs transfrontaliers, et la situation reste fragile sur les lignes de front au nord d’Israël et au sud du Liban.