Les autorités militaires du Burkina Faso ont annoncé début janvier 2026 avoir déjoué une nouvelle tentative de coup d’État, accusant ouvertement la Côte d’Ivoire d’être impliquée dans une entreprise de déstabilisation du pouvoir en place. Ces accusations, graves et sans précédent à ce niveau, s’inscrivent dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Ouagadougou et Abidjan.
Un complot présumé visant le sommet de l’État
Selon le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, l’opération aurait été planifiée pour la soirée du 3 janvier 2026. Elle visait directement le chef de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis septembre 2022.
Le plan présumé incluait :
• des assassinats ciblés de hauts responsables civils et militaires,
• une attaque contre le domicile du capitaine Traoré,
• la neutralisation d’une base stratégique de drones,
• suivie d’une intervention militaire terrestre destinée à renverser le régime.
Les autorités affirment que les forces de sécurité ont pu anticiper et contrecarrer cette opération avant son déclenchement.
Damiba désigné comme le cerveau de l’opération
La junte burkinabè a désigné Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien lieutenant-colonel et ex-chef de l’État renversé par Ibrahim Traoré en 2022, comme le principal instigateur du complot.
Damiba, aujourd’hui en exil hors du Burkina Faso, est accusé d’avoir coordonné les préparatifs depuis l’étranger avec des complicités internes.
Des accusations directes contre la Côte d’Ivoire
Ouagadougou va plus loin en affirmant que « une bonne partie du financement » de cette tentative de coup d’État proviendrait de la Côte d’Ivoire.
Le ministre de la Sécurité évoque notamment un transfert récent de 70 millions de francs CFA, présenté comme la dernière tranche de financement en provenance d’Abidjan destinée à soutenir l’opération.
Les autorités burkinabè assurent que plusieurs suspects ont été arrêtés, que des enquêtes sont en cours et que des vidéos d’aveux pourraient être rendues publiques ultérieurement.
Un climat de défiance entre Ouagadougou et Abidjan
Ces accusations s’inscrivent dans un climat de relations tendues entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Depuis son arrivée au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré accuse régulièrement Abidjan :
• d’héberger des opposants burkinabè,
• de servir de base arrière à des projets de déstabilisation.
De son côté, la Côte d’Ivoire a toujours rejeté ces accusations, niant toute implication dans les affaires internes de son voisin.
Absence de preuves indépendantes à ce stade
À ce stade, aucune confirmation indépendante n’est venue étayer les accusations formulées par la junte burkinabè. Aucun élément public ne permet pour l’instant d’établir la responsabilité directe de l’État ivoirien dans cette tentative de coup d’État présumée.
Cette affaire pourrait néanmoins aggraver les tensions diplomatiques dans une région déjà fragilisée par l’instabilité politique et sécuritaire, notamment au Sahel.