France – Affaire des assistants parlementaires du FN : le gouvernement écarte, à ce stade, tout risque avéré d’ingérence américaine

À quelques jours de l’ouverture du procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (FN, devenu Rassemblement national), le gouvernement français a estimé que les soupçons d’ingérence américaine évoqués dans certains médias ne reposaient sur aucun élément tangible à ce stade. Cette prise de position intervient dans un contexte judiciaire et politique particulièrement sensible, alors que l’issue de la procédure pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir politique de Marine Le Pen.

Un procès en appel à forts enjeux politiques

Le procès en appel de l’affaire des assistants parlementaires du FN doit se tenir du 13 janvier au 12 février 2026. Cette affaire porte sur l’emploi présumé fictif d’assistants parlementaires européens, accusés d’avoir travaillé en réalité pour le parti en France, en violation des règles du Parlement européen.

En première instance, Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, assortis d’une amende et surtout d’une peine de cinq ans d’inéligibilité. Si cette dernière était confirmée en appel, elle empêcherait la dirigeante du RN de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, ce qui confère au procès une dimension politique considérable.

Des soupçons d’ingérence américaine relayés par la presse

Ces derniers jours, des articles de presse, notamment à l’étranger, ont évoqué la possibilité de pressions ou d’ingérences de la part des États-Unis dans cette procédure judiciaire française. Selon ces informations, l’administration américaine pourrait envisager des mesures, voire des sanctions, visant des magistrats français impliqués dans l’affaire, en lien avec une lecture politique du dossier.

Ces allégations, largement reprises dans le débat public, ont suscité une vive inquiétude au sein du monde judiciaire et politique, en raison de ce qu’elles impliqueraient pour l’indépendance de la justice française.

La position du gouvernement : vigilance mais absence de preuves

Interrogée sur ces soupçons, la porte-parole du gouvernement a affirmé que les risques d’ingérence américaine “ne sont pas avérés” à ce stade. Selon l’exécutif, les informations disponibles reposent essentiellement sur des sources indirectes, des propos anonymes ou des hypothèses journalistiques, sans éléments concrets permettant d’établir une tentative d’influence réelle.

Le gouvernement souligne toutefois rester particulièrement vigilant quant à toute forme d’ingérence étrangère dans une procédure judiciaire nationale, rappelant que l’indépendance de la justice constitue un principe fondamental de l’État de droit.

Les réactions de l’institution judiciaire

Au sein de la magistrature, le sujet est également suivi avec attention. Le président du tribunal judiciaire de Paris a rappelé que toute pression étrangère sur des magistrats français serait « inacceptable et intolérable », soulignant la nécessité de préserver la sérénité des débats à l’approche du procès en appel.

De son côté, le procureur général près la Cour de cassation a appelé à la prudence, estimant qu’il n’existait pour l’heure « rien de très tangible » permettant d’affirmer l’existence d’une ingérence américaine. Il a insisté sur l’importance de ne pas fragiliser inutilement l’institution judiciaire par des spéculations non étayées.

Les critiques du Rassemblement national

Le Rassemblement national a réagi en dénonçant certaines prises de parole de responsables judiciaires, qu’il juge susceptibles de porter atteinte à la présomption d’innocence ou d’exercer une pression indirecte sur les magistrats appelés à juger en appel. Le parti d’extrême droite estime que le climat médiatique et politique entourant l’affaire nuit à l’équité du procès.

Un climat de tension à l’approche de l’audience

À l’approche de l’ouverture du procès, l’affaire des assistants parlementaires du FN cristallise ainsi des enjeux judiciaires, politiques et institutionnels majeurs. Entre rumeurs d’ingérence étrangère, défense de l’indépendance de la justice et conséquences potentielles sur l’élection présidentielle de 2027, le dossier dépasse largement le cadre strictement judiciaire.

Pour l’heure, les autorités françaises maintiennent qu’aucune preuve ne permet de conclure à une ingérence américaine, tout en affirmant leur détermination à protéger la souveraineté judiciaire du pays. Le déroulement du procès en appel sera scruté de près, tant en France qu’à l’étranger.

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