Le procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty s’est ouvert lundi 26 janvier 2026 à Paris, devant la Cour d’assises spéciale de la capitale. Cette étape judiciaire intervient cinq ans après la mort du professeur, décapité à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020 dans une attaque terroriste qui avait marqué profondément la France.
Un procès très attendu
L’ouverture de ce procès en appel concerne quatre des huit personnes condamnées lors du premier procès, qui s’était tenu à l’automne 2024. Ces quatre accusés ont fait appel des peines prononcées à leur encontre et sont rejugés pour des charges liées à leur rôle dans les événements qui ont précédé l’attaque.
Le premier procès avait abouti à des peines de prison lourdes, allant de plusieurs années à de longues peines d’emprisonnement, notamment pour complicité d’assassinat terroriste ou pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Les appels déposés portent notamment sur la qualification juridique des faits et la part de responsabilité qui revient à chacun des accusés.
Le contexte de l’attaque
L’assassinat de Samuel Paty avait choqué la France et suscité un large débat national sur la liberté d’expression et la laïcité. Ce professeur d’histoire-géographie avait été tué par un jeune islamiste radical, qui l’a décapité quelques centaines de mètres du collège où il enseignait.
L’attaque faisait suite à une campagne de haine en ligne lancée contre l’enseignant après qu’un parent d’élève avait diffusé un mensonge concernant un cours sur la liberté d’expression. Cette campagne avait largement circulé sur les réseaux sociaux, contribuant à créer un climat de tension extrême autour de l’affaire.
Enjeux juridiques du procès en appel
Le procès en appel se tient devant une Cour d’assises spéciale, compétente pour les affaires terroristes. L’un des enjeux juridiques majeurs de ce nouveau procès est la question de la responsabilité pénale indirecte : jusqu’où les actes ou propos des accusés peuvent-ils être considérés comme ayant contribué à créer un climat propice à l’attaque ?
Les avocats de la défense contestent notamment certains éléments de la qualification retenue à l’encontre de leurs clients, affirmant qu’ils n’avaient pas conscience que leurs actions pourraient conduire à un acte terroriste. De leur côté, les parties civiles insistent sur la responsabilité morale et pénale de ceux qui ont alimenté la campagne de haine en ligne ayant visé Samuel Paty.
Une étape déterminante
Ce procès en appel est suivi de près par l’opinion publique française, tant pour ses implications juridiques que pour la mémoire qu’il entretient du drame. Il doit durer plusieurs semaines et se déroule dans un climat où la justice cherche à réaffirmer l’importance de l’État de droit face à la violence et à l’intolérance.
Pour les proches de Samuel Paty, ce procès représente une nouvelle étape dans la quête de vérité et de justice, cinq ans après la perte tragique d’un enseignant engagé dans son travail. Il s’agit également d’un moment important pour le système judiciaire français, confronté à des affaires qui mêlent terrorisme, liberté d’expression et responsabilité individuelle.