Le Burkina Faso adhère à la Convention de Vienne sur la responsabilité nucléaire, une étape stratégique pour son programme nucléaire civil

Le Parlement burkinabè a franchi une étape décisive pour le développement de son programme nucléaire civil en approuvant à l’unanimité la loi autorisant le pays à adhérer à la Convention de Vienne relative à la responsabilité civile en matière de dommages nucléaires. Le vote, qui a eu lieu mercredi 27 janvier lors d’une séance plénière de l’Assemblée législative de transition (ALT), a été unanime : 66 voix pour, aucune contre.

Un cadre juridique international pour encadrer le nucléaire civil

La Convention de Vienne, adoptée en 1963, définit un cadre juridique international pour la responsabilité civile des exploitants nucléaires. Elle repose sur le principe de responsabilité stricte et exclusive, ce qui signifie que les exploitants doivent répondre des dommages causés par leurs installations, indépendamment de toute faute. Les victimes n’ont pas besoin de prouver une erreur ou négligence : il leur suffit de démontrer que le préjudice est lié à l’exploitation nucléaire.

L’adhésion à cette convention permet au Burkina Faso de sécuriser juridiquement ses projets nucléaires, de rassurer les partenaires et investisseurs internationaux et de garantir une indemnisation rapide et efficace en cas d’accident. Les exploitants sont également tenus de disposer d’assurances ou de garanties financières adaptées pour couvrir les risques potentiels.

Un programme nucléaire civil au cœur de la stratégie énergétique nationale

Le Burkina Faso vise à réduire sa dépendance aux sources d’énergie traditionnelles et à répondre aux fréquentes coupures d’électricité qui affectent le pays. Dans ce contexte, le nucléaire civil apparaît comme une solution stratégique pour diversifier le mix énergétique et soutenir le développement économique.

L’État burkinabè a déjà pris plusieurs mesures pour préparer ce programme :
• Création de l’Agence burkinabè de l’énergie atomique (ABEA) en 2024, chargée de coordonner toutes les activités nucléaires civiles.
• Accords internationaux, notamment avec la Russie, pour bénéficier de transferts de technologies et de savoir-faire dans le domaine nucléaire.

Implications diplomatiques et sécuritaires

L’adhésion à la Convention de Vienne positionne le Burkina Faso comme un acteur responsable dans le domaine nucléaire sur le continent africain, en alignant ses pratiques sur les standards internationaux. Elle ouvre également la voie à une coopération accrue avec d’autres pays détenteurs de savoir-faire nucléaire et permet de renforcer la sécurité juridique et technique du programme.

Un consensus parlementaire fort

Le vote unanime du Parlement traduit l’adhésion collective des acteurs politiques à la nécessité de mettre en place un cadre légal solide avant toute exploitation nucléaire. Selon les députés, l’adhésion à la convention est indispensable pour assurer la sécurité des populations et des installations, tout en facilitant l’investissement international dans le secteur.

Perspectives

Avec cette adhésion, le Burkina Faso se donne les moyens de développer progressivement un programme nucléaire civil sûr et contrôlé, tout en respectant les normes internationales de responsabilité et de sécurité. La prochaine étape consistera à finaliser les cadres réglementaires internes, former les cadres techniques nationaux et établir des partenariats internationaux pour la construction et l’exploitation des futures installations nucléaires.

Cette initiative illustre la volonté du pays de combiner souveraineté énergétique, sécurité juridique et développement durable, tout en s’insérant dans les standards internationaux pour le nucléaire civil.

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