Élimination de Ali Khamenei et riposte iranienne : réactions et actions dans le reste du monde

L’élimination de l’ayatollah Ali Khamenei et la riposte iranienne qui s’en prend militairement à de nombreux pays du Moyen Orient, visant même les civils, provoque une escalade militaire aux répercussions mondiales.


Entre réactions officielles des Etats du monde entier et actions décidées par certains, nous vous en proposons le tour du monde, continent par continent.

La mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei, confirmée dimanche par Téhéran, marque un tournant majeur dans la crise au Moyen-Orient. Un conseil provisoire a été mis en place pour assurer la succession, tandis que l’Iran a décrété quarante jours de deuil national. Les autorités iraniennes considèrent désormais que venger l’ayatollah est « un droit et un devoir ».

Au troisième jour du conflit, les bombardements américano-israéliens se poursuivent, tandis que l’Iran intensifie ses représailles. Selon le Croissant-Rouge iranien, au moins 555 personnes ont été tuées et 131 villes touchées depuis le début des frappes. Ce bilan n’a pas pu être vérifié de manière indépendante.

En Israël, neuf personnes ont été tuées dimanche lors d’une frappe directe de missile iranien dans le centre du pays. Au Liban, les raids israéliens sur la banlieue sud de Beyrouth et le sud du pays ont fait au moins 31 morts et 149 blessés, selon le ministère libanais de la Santé. Le Hezbollah, allié de Téhéran, a revendiqué des tirs de missiles et de drones vers Israël, élargissant le conflit.

Le Golfe sous tension

Les représailles iraniennes ont visé plusieurs monarchies du Golfe. Une base navale à Abou Dhabi où stationnent des soldats français a été touchée par un projectile. L’Iran affirme avoir lancé 15 missiles de croisière contre la base aérienne américaine d’Ali Al-Salem au Koweït et contre des navires dans le nord de l’océan Indien.

Au Koweït, plusieurs avions de combat américains se sont écrasés dans des circonstances encore floues. Les équipages ont survécu. Une épaisse fumée noire s’est élevée près de l’ambassade des États-Unis à Koweït City, où le personnel a été confiné face à une « menace persistante d’attaques de missiles et de drones ».

À Chypre, une frappe de drone a endommagé une piste de la base britannique d’Akrotiri, sans faire de victime. Le président chypriote Nikos Christodoulides a affirmé que son pays ne participerait à aucune opération militaire.

La Turquie a suspendu les passages de voyageurs à la journée à ses frontières avec l’Iran, tout en maintenant certains flux pour ses ressortissants et ceux de pays tiers.

Réactions européennes : condamnations et appel à la retenue

La France, par la voix du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a réuni une cellule de crise au Quai d’Orsay. Le chef de la diplomatie a indiqué que Paris était prête à « participer » à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie si nécessaire. La priorité reste la protection des ressortissants et des forces françaises dans la région.

Une déclaration conjointe de Emmanuel Macron, du chancelier allemand Friedrich Merz et du Premier ministre britannique Keir Starmer a condamné « avec la plus grande fermeté » les attaques iraniennes contre les pays de la région.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à une « retenue maximale », soulignant que la sûreté nucléaire était « cruciale ». L’Union européenne a retiré son personnel non essentiel du Moyen-Orient.

La Norvège a jugé que les frappes préventives ne sont « pas conformes » au droit international en l’absence de menace imminente, tandis que l’Espagne a rejeté à la fois l’action militaire américaine et israélienne et les représailles iraniennes.

États-Unis : poursuite des opérations

Le président Donald Trump a justifié l’opération militaire par la nécessité d’assurer la sécurité à long terme des États-Unis. Il a averti que d’autres pertes étaient possibles et affirmé que les opérations se poursuivraient « jusqu’à ce que tous nos objectifs soient atteints ».

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé la destruction du quartier général des Gardiens de la Révolution à Téhéran. Washington affirme agir pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

Réactions internationales contrastées

La Russie a dénoncé une « aventure dangereuse » menaçant la région de « catastrophe », tandis que l’ancien président Dmitri Medvedev a accusé les États-Unis d’avoir montré leur « vrai visage ».

L’Australie a soutenu l’action américaine pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire. L’Ukraine a estimé que les frappes étaient la conséquence de « la violence et l’arbitraire du régime iranien ».

Le Brésil, la Suède et l’Indonésie ont appelé à la désescalade. Jakarta a proposé une médiation entre Washington et Téhéran.

Le Pakistan a « fermement condamné » les frappes contre l’Iran, tandis que l’Autorité palestinienne a dénoncé les attaques iraniennes contre les États arabes.

L’Afrique entre inquiétudes économiques et appels au cessez-le-feu

L’Union africaine a appelé à une « désescalade urgente », mettant en garde contre les conséquences pour les marchés énergétiques et la sécurité alimentaire, particulièrement en Afrique.

Plusieurs pays africains – Sénégal, Algérie, Kenya, Ghana – ont appelé à un cessez-le-feu immédiat. Le Sénégal a condamné « l’usage de la force » comme une menace pour la souveraineté des États. L’Afrique du Sud a rappelé que la légitime défense ne pouvait être exercée de manière préventive.

Le Maroc a dénoncé les attaques iraniennes contre les pays du Golfe, les qualifiant de violation flagrante de leur souveraineté.

Choc sur les marchés mondiaux

Les marchés financiers ont immédiatement réagi. Les bourses européennes ont ouvert en forte baisse. À Paris, le CAC 40 reculait de plus de 2 % dans les premières heures. Le pétrole a bondi de 8 %, dépassant les 78 dollars le baril, après la fermeture effective du détroit d’Ormuz, voie stratégique pour l’approvisionnement mondial. L’or et le dollar ont progressé, confirmant leur statut de valeurs refuges.

La flambée des prix de l’énergie fait craindre des répercussions économiques majeures, notamment en Afrique de l’Ouest, déjà fragilisée par l’inflation.

Un conflit aux dimensions régionales et mondiales

Du Liban à l’Irak, du Golfe à la Méditerranée orientale, les frappes et représailles ont multiplié les foyers de tension. Des explosions ont été entendues près de l’aéroport d’Erbil en Irak, où des drones ont été interceptés. En Israël, la défense antiaérienne a été activée à plusieurs reprises face aux missiles tirés depuis l’Iran.

Alors que certains dirigeants appellent à la retenue maximale, d’autres affichent leur soutien à l’une ou l’autre des parties. Le risque d’un conflit régional plus large, voire d’une confrontation indirecte entre grandes puissances, est désormais au cœur des inquiétudes diplomatiques mondiales.

Laisser un commentaire