Les condamnations sont tombées dans le procès en appel lié à l’assassinat de Samuel Paty, tué le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine. Plusieurs des personnes accusées d’avoir contribué à la campagne de dénonciation ayant précédé le meurtre ont vu leurs peines confirmées ou révisées par la cour.
Sefrioui maintenu à 15 ans de prison
Abdelhakim Sefrioui a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle, une peine identique à celle prononcée en première instance. Le prédicateur était considéré comme l’un des instigateurs de la mobilisation en ligne contre l’enseignant, accusé d’avoir montré des caricatures du prophète Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression.
À l’issue du verdict, il a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Son avocat, Me Francis Vuillemin, a dénoncé une décision qu’il estime injuste, évoquant une « condamnation de toute la communauté musulmane française par une justice discriminatoire ».
Peines réduites pour les trois autres accusés
Les trois autres mis en cause ont bénéficié d’un allègement de peine par rapport au jugement de première instance.
• Brahim Chnina, père de l’élève à l’origine des accusations contre le professeur, voit sa peine réduite de 13 à 10 ans de réclusion.
• Naïm Boudaoud, 24 ans, a été condamné à 6 ans d’emprisonnement.
• Azim Epsirkhanov, 25 ans, a écopé de 7 ans de prison.
Pour ces deux derniers, poursuivis notamment pour association de malfaiteurs, le caractère terroriste n’a pas été retenu par la cour d’appel. En première instance, ils avaient pourtant été condamnés à 16 ans de prison.
Proximité avec le terroriste
Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov étaient proches d’Abdoullakh Anzorov, le jeune djihadiste tchétchène de 18 ans qui a assassiné Samuel Paty. Ils étaient soupçonnés de l’avoir véhiculé et aidé à se procurer une arme. À ce titre, ils étaient poursuivis pour complicité d’assassinat.
Réquisitions plus sévères du parquet
Lors du procès en appel, le parquet général avait requis des peines plus lourdes que celles finalement prononcées :
• 20 ans de prison contre Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ;
• 16 ans de réclusion contre Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov.
La cour d’appel a donc partiellement suivi les réquisitions, confirmant la lourde responsabilité d’Abdelhakim Sefrioui, tout en atténuant la sanction infligée aux trois autres accusés. Ce verdict marque une nouvelle étape judiciaire dans une affaire qui a profondément marqué la France et relancé le débat sur la liberté d’expression, la radicalisation et la responsabilité des discours en ligne.