L’ancien président sénégalais Macky Sall est officiellement candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Il fait partie des trois prétendants appelés à succéder à Antonio Guterres en janvier prochain.
Sa candidature a été présentée lundi 2 mars par le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine. Une démarche inhabituelle, puisque le Sénégal n’a pas officiellement porté lui-même la candidature de son ancien chef d’État.
Une candidature soutenue par une coalition d’opposition
Au Sénégal, cette annonce a immédiatement suscité un débat politique.
Pour Oumar Sarr, coordonnateur de la coalition du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR), le soutien du président de l’Union africaine constitue un signal fort. Selon lui, Macky Sall dispose d’une expérience solide après douze années à la tête du Sénégal et a joué un rôle notable au sein de l’Union africaine dans le développement d’initiatives continentales.
« Le voir secrétaire général des Nations unies serait une excellente nouvelle », estime-t-il.
Mardi, la coalition, qui regroupe 85 partis d’opposition et sept organisations de la société civile, a adressé un courrier au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye pour lui demander de soutenir officiellement la candidature de son prédécesseur.
Une forte opposition au sein du parti au pouvoir
Mais cette demande est loin de faire l’unanimité.
Du côté du parti au pouvoir, le Pastef, la position est clairement défavorable. Le député Guy Marius Sagna s’oppose fermement à toute démarche de soutien officiel.
Il évoque notamment les vagues de répression contre l’opposition durant le second mandat de Macky Sall. Entre 2021 et 2023, au moins 65 manifestants ont perdu la vie lors de manifestations liées aux tensions politiques, notamment autour de la question d’un éventuel troisième mandat. Le député dénonce également ce qu’il qualifie de « dette cachée » et estime que l’ancien président ne peut pas représenter un modèle pour diriger l’ONU.
Une position encore floue du Sénégal
Le 5 février, Macky Sall avait déjà sollicité, par courrier, l’appui officiel de son pays pour sa candidature. À ce stade, aucune déclaration formelle de soutien n’a été émise par les autorités sénégalaises.
La situation place le gouvernement actuel dans une position délicate : soutenir la candidature d’un ancien président contesté par une partie de l’opinion, ou s’en tenir à une neutralité diplomatique.
Alors que la succession d’Antonio Guterres approche, le débat sénégalais reflète les divisions persistantes sur le bilan politique de Macky Sall et sur l’image que le pays souhaite projeter à l’international.