Burkina Faso : au moins 12 morts dans une nouvelle attaque attribuée à des groupes djihadistes

Au moins douze personnes ont été tuées lors d’une attaque attribuée à des groupes djihadistes dans le centre-est du Burkina Faso, selon des sources locales et sécuritaires. Parmi les victimes figurent neuf membres des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), une force civile engagée aux côtés de l’armée.

Une attaque meurtrière contre un village

L’assaut s’est produit dimanche dans le village de Dourtenga. D’après un responsable local, des hommes armés ont pris pour cible les VDP, tuant neuf d’entre eux, dont leur chef. Trois autres civils ont également perdu la vie, parmi lesquels une femme.

Des habitants rapportent que les assaillants ont causé d’importants dégâts matériels, pillant plusieurs commerces avant d’en incendier certains. Les échanges de tirs auraient duré plus d’une heure, plongeant la localité dans la panique.

Depuis l’attaque, de nombreux habitants ont quitté le village, craignant une nouvelle incursion. « Le calme est revenu, mais les populations fuient », a confié un résident.

Une série d’attaques dans plusieurs régions

Cette attaque s’inscrit dans une vague de violences survenues entre samedi et dimanche dans différentes régions du pays. Selon une source sécuritaire, plusieurs positions de l’armée et des VDP ont été visées simultanément.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a récemment revendiqué plusieurs attaques contre les forces burkinabè. Ces violences s’ajoutent à celles menées par des groupes liés à l’organisation État islamique, également active dans la région.

Une insécurité persistante malgré les annonces des autorités

Le Burkina Faso est confronté à une insurrection djihadiste depuis plus de dix ans. Dirigé par une junte militaire depuis le coup d’État de 2022, le pays reste en proie à une instabilité sécuritaire majeure.

Selon l’organisation ACLED, plus de 130 personnes ont été tuées en seulement une dizaine de jours récemment. Depuis 2015, les violences ont fait des dizaines de milliers de morts, civils et militaires confondus, dont plus de la moitié au cours des trois dernières années.

Malgré cette situation, les autorités militaires affirment avoir repris le contrôle d’environ les trois quarts du territoire et permis le retour de plus d’un million de déplacés internes dans leurs localités d’origine.

Cependant, de nombreux experts estiment que la spirale de violence n’a pas été enrayée et que les groupes armés conservent une capacité de nuisance élevée, notamment dans les zones rurales et frontalières.

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