À peine remis d’un puissant tremblement de terre, l’Afghanistan fait désormais face à une nouvelle épreuve. Moins de vingt-quatre heures après un séisme de magnitude 6,1 qui a secoué l’est du pays, le Pakistan a annoncé avoir mené une série de frappes aériennes et d’opérations militaires de l’autre côté de la frontière, ravivant les tensions entre les deux voisins.
Un pays frappé par un puissant séisme
Le samedi 27 juin, un séisme de magnitude 6,1 a été enregistré dans la région montagneuse de l’Hindou Kouch, dans le nord-est de l’Afghanistan. Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), l’épicentre se situait à environ 208 kilomètres de profondeur, ce qui a permis aux secousses d’être ressenties sur une vaste zone, notamment à Kaboul ainsi qu’au Pakistan voisin.
Dans l’immédiat, les autorités afghanes n’ont pas fait état de victimes ni de destructions majeures. Toutefois, les équipes de secours ont poursuivi leurs évaluations dans les régions les plus isolées, où les informations mettent souvent du temps à parvenir. Au Pakistan, les secousses ont blessé une vingtaine de personnes et endommagé plus d’une centaine d’habitations, principalement dans la province du Baloutchistan.
Des frappes pakistanaises quelques heures plus tard
Au lendemain du séisme, l’armée pakistanaise a lancé plusieurs frappes dans les provinces afghanes de Paktia, Paktika et Kunar. Islamabad affirme que l’opération visait des positions du Jamaat-ul-Ahrar, une faction liée au Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), accusée d’être responsable de récentes attaques contre les forces de sécurité pakistanaises.
Les autorités pakistanaises déclarent avoir tué 29 combattants et détruit plusieurs caches d’armes.
Kaboul présente une version très différente des faits. Les autorités talibanes accusent le Pakistan d’avoir bombardé des zones civiles et évoquent un lourd bilan humain, avec au moins 36 morts et plus de 160 blessés. La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a confirmé un bilan provisoire d’au moins 28 civils tués, tout en précisant que les vérifications se poursuivent.
Une frontière toujours plus instable
Les autorités afghanes dénoncent une violation de leur souveraineté et promettent une réponse, tandis que le Pakistan continue d’accuser Kaboul de laisser des groupes armés utiliser le territoire afghan comme base arrière pour préparer des attaques.
Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte déjà extrêmement tendu. Les échanges de tirs et les frappes transfrontalières se sont multipliés ces derniers mois, malgré plusieurs tentatives de médiation.
En l’espace de deux jours, l’Afghanistan s’est ainsi retrouvé confronté à une double crise : une catastrophe naturelle suivie d’une opération militaire étrangère. Si le séisme n’a finalement pas provoqué de catastrophe majeure sur le territoire afghan, les frappes pakistanaises risquent d’aggraver une situation sécuritaire déjà particulièrement fragile et de renforcer les tensions entre les deux pays.