La Coupe du monde 2026 n’en finit plus de susciter les polémiques. Alors que la FIFA avait affirmé n’avoir détecté aucune activité suspecte durant la compétition, un rapport d’un organisme indépendant révèle que sept alertes liées à d’éventuelles manipulations de matchs ont été transmises à l’instance dirigeante du football mondial.
Ces révélations proviennent du Group of Copenhagen, un réseau international placé sous l’égide du Conseil de l’Europe et spécialisé dans la lutte contre la manipulation des compétitions sportives. Après avoir surveillé l’ensemble des 104 rencontres du Mondial, l’organisme a identifié plusieurs anomalies qu’il a jugées suffisamment préoccupantes pour émettre des « notices jaunes », le premier niveau d’alerte de son système de surveillance.
Sept alertes et douze controverses analysées
Selon un résumé des conclusions présenté au Conseil de l’Europe, le Group of Copenhagen a recensé sept alertes ainsi que douze controverses majeures ayant nécessité une analyse approfondie.
Ces « notices jaunes » sont déclenchées lorsqu’un faisceau d’indices attire l’attention des enquêteurs, comme des mouvements inhabituels sur les marchés des paris, des informations issues de différentes sources ou des événements jugés anormaux au cours d’une rencontre.
Toutefois, ces alertes ne constituent pas une preuve que des matchs ont été truqués. Elles visent avant tout à signaler des situations nécessitant des investigations complémentaires par les autorités compétentes.
Plusieurs rencontres du Mondial sous surveillance
Si le rapport complet n’a pas encore été rendu public, le résumé présenté au Conseil de l’Europe indique que plusieurs rencontres de la Coupe du monde 2026 ont retenu l’attention des enquêteurs.
Parmi les faits examinés figure notamment le carton rouge infligé au milieu sud-africain Themba Zwane à la 84e minute du premier match de son équipe face au Mexique. Cet épisode a été spécifiquement ciblé par le Group of Copenhagen dans le cadre de ses analyses sur l’intégrité de la compétition.
L’organisme s’est également penché sur l’activité enregistrée sur la plateforme américaine Polymarket, où près de 4,8 millions de dollars ont été misés sur une non-victoire de l’Espagne face au Cap-Vert. Cette rencontre s’est finalement soldée par un match nul 0-0, un résultat qui a alimenté les interrogations autour des volumes de paris enregistrés.
À ce stade, ces éléments sont considérés comme des indices justifiant une enquête, mais ne permettent pas d’affirmer qu’une manipulation de match a effectivement eu lieu.
La FIFA assure n’avoir détecté aucune manipulation
Ces révélations contrastent avec la position officielle de la FIFA.
Quelques jours après la fin de la compétition, l’instance avait annoncé que son Groupe de travail sur l’intégrité, composé notamment de représentants d’Interpol, du FBI, de Sportradar et du Group of Copenhagen lui-même, n’avait identifié aucune activité suspecte ni aucun élément permettant de conclure à une manipulation de rencontre.
Selon la FIFA, les marchés de paris et l’ensemble des matchs ont été surveillés en temps réel tout au long du tournoi, sans qu’aucune preuve tangible de trucage ne soit mise en évidence.
Cette différence d’appréciation s’explique notamment par le fait que les alertes du Group of Copenhagen signalent des anomalies nécessitant des vérifications supplémentaires, tandis que la FIFA estime qu’aucun élément recueilli ne permet, à ce stade, de conclure à une manipulation avérée.
Une nouvelle controverse pour un Mondial déjà critiqué
Ces nouvelles révélations viennent alimenter les nombreuses controverses qui ont entouré la Coupe du monde 2026. Entre les critiques sur l’arbitrage, plusieurs décisions disciplinaires très contestées, les accusations de favoritisme, les polémiques autour de certaines décisions de la FIFA et les débats sur l’organisation du tournoi, cette édition restera l’une des plus discutées de l’histoire récente du football.
Les conclusions définitives des enquêtes permettront de déterminer si les anomalies relevées relevaient simplement de mouvements inhabituels sur les marchés des paris ou si elles justifient l’ouverture de procédures disciplinaires ou judiciaires.
À ce jour, aucun match de la Coupe du monde 2026 n’a été officiellement déclaré truqué, et aucune sanction liée à une manipulation de rencontre n’a été annoncée. Les investigations se poursuivent néanmoins afin d’établir si les alertes transmises étaient fondées ou relevaient simplement d’irrégularités sans conséquence sur le déroulement sportif de la compétition.