Le Japon pourrait perdre deux places dans le classement des plus grandes économies mondiales en 2027. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l’archipel asiatique devrait être dépassé par l’Inde et le Royaume-Uni, sur fond de croissance économique modérée, de dépréciation du yen et de vieillissement de la population.
Longtemps considéré comme l’une des principales puissances économiques de la planète, le Japon voit progressivement son poids relatif diminuer. Après avoir occupé la deuxième place mondiale à partir de 1968, derrière les États-Unis, le pays a été dépassé par la Chine en 2010, puis par l’Allemagne en 2024. Il pourrait désormais reculer de la quatrième à la sixième position.
D’après les estimations du FMI, le produit intérieur brut (PIB) nominal japonais devrait atteindre environ 4 468 milliards de dollars en 2027. Celui de l’Inde pourrait s’élever à 4 521 milliards de dollars, tandis que le Royaume-Uni atteindrait environ 4 490 milliards de dollars. Ces projections placeraient donc les deux pays devant le Japon.
Le yen, un facteur déterminant dans le recul japonais
La faiblesse du yen face au dollar américain figure parmi les principaux facteurs expliquant cette évolution. Alors que la monnaie japonaise s’échangeait autour de 113 yens pour un dollar il y a cinq ans, elle évoluait autour de 158 yens au moment des projections évoquées.
Cette dépréciation réduit mécaniquement la valeur du PIB japonais lorsqu’il est converti en dollars. Le recul du pays dans le classement ne signifie donc pas nécessairement une baisse équivalente de sa production intérieure. Les fluctuations des taux de change influencent directement les comparaisons entre les économies nationales.
Toutefois, les difficultés du Japon ne se limitent pas à sa monnaie. Le pays connaît depuis plusieurs décennies une croissance relativement faible, notamment depuis l’éclatement de la bulle spéculative au début des années 1990. Entre 2020 et 2025, sa croissance économique réelle annuelle moyenne aurait atteint environ 0,7 %, contre 6,3 % pour l’Inde, selon les données citées dans les projections.
Le vieillissement démographique fragilise les perspectives de croissance
Le Japon doit également faire face à un défi démographique majeur. Le vieillissement de sa population et la diminution du nombre de personnes en âge de travailler pèsent sur ses perspectives économiques.
Cette évolution peut réduire la disponibilité de la main-d’œuvre, freiner la consommation et augmenter les dépenses liées à la prise en charge des personnes âgées. Pour maintenir son potentiel de croissance, le pays doit notamment miser sur les gains de productivité, l’innovation technologique et les investissements.
L’amélioration de la productivité constitue ainsi un enjeu central pour l’économie japonaise. Le développement de l’automatisation et de la robotique, secteurs dans lesquels le pays dispose d’une expérience importante, pourrait contribuer à atténuer certaines conséquences de la contraction de sa population active.
L’Inde poursuit son ascension, le Royaume-Uni reprend l’avantage
À l’inverse, l’Inde bénéficie d’une croissance économique soutenue par l’expansion de son marché intérieur, le développement de ses services et ses investissements. Cette dynamique pourrait lui permettre de devenir la quatrième économie mondiale en 2027, derrière les États-Unis, la Chine et l’Allemagne.
Le Royaume-Uni devrait également dépasser le Japon en termes de PIB nominal, selon les mêmes projections. Son économie atteindrait environ 4 490 milliards de dollars, contre 4 468 milliards pour le Japon. L’écart prévu reste toutefois relativement faible et pourrait évoluer en fonction de la conjoncture économique et des taux de change.
Cette évolution illustre les transformations de l’économie mondiale, où les positions historiques des grandes puissances industrielles sont progressivement remises en question par la progression d’autres économies.
Le classement fondé sur le PIB nominal doit néanmoins être interprété avec prudence. Il mesure la valeur des biens et services produits dans un pays aux prix courants et convertis dans une monnaie commune, mais ne reflète pas à lui seul le niveau de vie des habitants, la répartition des richesses ou la productivité réelle.
Le possible recul du Japon à la sixième place mondiale en 2027 apparaît ainsi comme le résultat combiné de difficultés structurelles et de facteurs monétaires. Ces projections restent susceptibles d’évoluer en fonction de la croissance, des politiques économiques et des fluctuations des devises.