Jordanie : huit morts dans une attaque contre une église, le roi Abdallah II promet une réponse ferme

Une fusillade meurtrière a visé une église grecque-orthodoxe dans le sud de la Jordanie, vendredi 23 octobre 2026. Le bilan est passé à huit morts et 26 blessés restent hospitalisés. Les autorités jordaniennes attribuent l’attaque à un groupe d’extrémistes et poursuivent les recherches pour retrouver les assaillants.

La Jordanie est sous le choc après une attaque meurtrière contre l’église grecque-orthodoxe Saint-Georges, située dans le village de Hammoud, dans le gouvernorat de Karak, au sud du royaume. Les tirs ont éclaté alors que des fidèles participaient à des funérailles.

Selon les autorités, les assaillants ont pénétré dans l’enceinte de l’église avant d’ouvrir le feu sur les personnes présentes. D’après des témoignages rapportés par les médias, les tirs ont duré plusieurs minutes. Les auteurs ont ensuite pris la fuite.

Le bilan initial, qui faisait état de sept morts et de 34 blessés, s’est alourdi samedi 24 octobre. Le ministre jordanien de la Santé, Ibrahim Al-Bdour, a annoncé le décès d’une personne qui se trouvait dans un état critique, portant à huit le nombre de victimes. Vingt-six blessés demeuraient hospitalisés, dont un dans un état critique, selon les informations communiquées par le ministre à l’AFP.

Le gouvernement dénonce une attaque extrémiste

Le ministre de l’Intérieur, Mazen Al-Faraya, a attribué cette attaque à un « groupe d’extrémistes ». Les services de sécurité ont été mobilisés pour retrouver les responsables et les traduire en justice. Une enquête a également été ouverte afin de déterminer les circonstances précises de la fusillade.

À ce stade, aucune organisation n’a officiellement revendiqué l’attaque. Les motivations exactes des assaillants restent à établir.

Le roi Abdallah II a fermement condamné les faits, qualifiés d’attentat terroriste, et promis que les responsables seraient confrontés aux peines les plus sévères prévues par la loi. Le souverain s’est également rendu auprès de blessés hospitalisés à Karak.

De son côté, le Premier ministre Jafar Hassan a décrété trois jours de deuil national à compter du vendredi 23 octobre. Les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments gouvernementaux et les institutions publiques.

La coexistence religieuse au cœur des préoccupations

Cette attaque suscite une vive inquiétude dans un pays où les violences visant les lieux de culte restent rares. La Jordanie, à majorité musulmane sunnite, abrite une communauté chrétienne ancienne, représentant environ 2 à 3 % de la population.

Dans la région de Karak, les chrétiens sont historiquement implantés et participent à la vie sociale, économique et politique du royaume.

Après le drame, des responsables politiques et religieux ont appelé à préserver l’unité nationale et à empêcher que les violences ne provoquent des tensions entre communautés. L’archidiocèse grec-orthodoxe de Jordanie a notamment exprimé sa confiance dans la capacité de la société jordanienne à résister aux idéologies extrémistes.

L’attaque intervient dans un contexte régional marqué par de fortes tensions et des conflits persistants au Moyen-Orient. Les autorités jordaniennes redoutent que de tels actes ne fragilisent la stabilité intérieure du royaume.

Les recherches se poursuivent pour retrouver les assaillants. L’enquête devra notamment permettre d’établir leurs identités, leurs motivations et l’existence éventuelle de liens avec une organisation extrémiste.

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