Après plus d’un mois de mobilisation des lycéens et des étudiants, le gouvernement français s’apprête à annoncer une série de mesures pour répondre aux revendications de la jeunesse. Ce lundi 26 octobre 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit recevoir les organisations lycéennes et étudiantes à Matignon, avant une conférence de presse des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.
L’exécutif promet des réponses concrètes, alors que la contestation s’est étendue à plusieurs établissements et a donné lieu à des manifestations dans différentes villes du pays. Les annonces attendues devraient notamment concerner Parcoursup, les moyens accordés à l’enseignement et l’état des infrastructures scolaires.
Parcoursup au cœur des revendications
La plateforme Parcoursup, utilisée pour les candidatures dans l’enseignement supérieur, constitue l’un des principaux points de tension. Les organisations lycéennes et étudiantes réclament sa suppression ou une réforme profonde, dénonçant notamment les difficultés d’orientation et les limites de l’accès aux formations universitaires.
Le président Emmanuel Macron a récemment évoqué la nécessité d’une refonte en profondeur du dispositif. De son côté, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a annoncé des propositions importantes concernant Parcoursup et l’orientation.
Toutefois, les responsables universitaires mettent en garde contre une suppression pure et simple de la plateforme. Ils estiment que les difficultés d’accès à certaines filières sont également liées au manque de places et de moyens, et qu’une réforme de l’outil ne suffirait pas à résoudre l’ensemble des problèmes.
Les moyens de l’éducation également concernés
Au-delà de Parcoursup, les revendications portent sur les conditions d’apprentissage, les effectifs par classe, le remplacement des enseignants absents et la rénovation des établissements scolaires.
Le gouvernement a recueilli environ 100 000 contributions sur une plateforme de consultation ouverte début octobre. Ces retours doivent servir à orienter les mesures annoncées.
Les organisations lycéennes et étudiantes défendent notamment un ensemble de dix mesures dont le coût est estimé à 10 milliards d’euros. Parmi leurs demandes figurent la création de 250 000 places dans l’enseignement supérieur, une réforme des bourses et une remise en cause de la sélection à l’université.
Le gouvernement pourrait également présenter des mesures concernant le remplacement des professeurs et le volume des heures d’enseignement. Certaines propositions pourraient prendre la forme d’amendements au budget de l’État pour 2027.
Une mobilisation sous tension
Le mouvement, parti d’un lycée de la région parisienne le 17 septembre, a progressivement pris de l’ampleur. Les manifestations du 17 octobre ont été marquées par des dégradations et des pillages en marge des rassemblements, conduisant les autorités à renforcer les dispositifs de sécurité.
Une nouvelle journée de mobilisation a eu lieu le samedi 24 octobre. Malgré une présence policière importante, les cortèges se sont globalement déroulés sans incidents majeurs comparables à ceux de la semaine précédente, selon les informations rapportées par la presse française.
Les organisations de jeunesse préviennent néanmoins qu’elles pourraient poursuivre leur mobilisation si les annonces du gouvernement ne répondent pas à leurs attentes.
Le gouvernement sous pression
Pour Sébastien Lecornu, l’enjeu est désormais de transformer les consultations et les discussions avec les représentants de la jeunesse en mesures concrètes. L’exécutif doit également composer avec les contraintes budgétaires et la perspective de nouvelles mobilisations sociales, notamment le 31 octobre à l’appel des Gilets jaunes et le 5 novembre à l’initiative de syndicats de salariés.
La conférence de presse annoncée à 17 h 30 par les ministres Édouard Geffray, chargé de l’Éducation nationale, et Philippe Baptiste, chargé de l’Enseignement supérieur, doit préciser les premières réponses retenues.
Reste à savoir si ces annonces permettront d’apaiser la colère des lycéens et des étudiants ou si elles ouvriront une nouvelle phase de négociations et de contestation.