Une majorité de Français estime que les forces de l’ordre ont fait un usage proportionné de la force face aux violences survenues en marge des manifestations. Selon un sondage évoqué par le Journal du Dimanche (JDD), 63 % des personnes interrogées considèrent que l’intervention policière était justifiée au regard des incidents enregistrés.
Le changement d’opinion est notable : après les violences du week-end du 17 octobre, seuls 33 % des Français considéraient l’action des policiers et des gendarmes comme proportionnée. Ils étaient alors 67 % à estimer le contraire. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par deux week-ends consécutifs de tensions, de dégradations et d’interpellations.
Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur rapportés par le JDD, les violences du 17 octobre ont entraîné 2 397 interpellations et fait 997 blessés parmi les policiers et les gendarmes, dont sept grièvement. Le week-end du 24 octobre a également été marqué par 1 314 interpellations, 75 interventions pour des incendies, 53 membres des forces de l’ordre blessés et 24 commerces pillés.
Des différences selon l’âge et les sensibilités politiques
L’appréciation de l’intervention policière varie selon les catégories de la population. Parmi les 15-24 ans, 54 % jugent l’action des forces de l’ordre proportionnée, contre 69 % chez les 50-64 ans.
Les sensibilités politiques influencent également les réponses. Cette proportion atteint 80 % chez les sympathisants d’Ensemble, 77 % chez ceux des Républicains et 74 % chez ceux du Rassemblement national. À gauche, elle tombe à 50 % chez les sympathisants du Parti socialiste et à 40 % chez ceux de La France insoumise.
Les revendications lycéennes largement comprises
Malgré le soutien croissant à l’intervention des forces de l’ordre, les Français ne rejettent pas pour autant la mobilisation des lycéens. Au contraire, 81 % des personnes interrogées déclarent comprendre leurs revendications, contre 63 % lors d’une précédente mesure réalisée à la fin du mois de septembre.
Cette distinction entre la contestation sociale et les violences qui accompagnent certaines manifestations apparaît comme l’un des principaux enseignements de l’enquête.
Le gouvernement critiqué pour sa lenteur
L’exécutif reste néanmoins sous pression. Selon le sondage, 70 % des Français estiment que le gouvernement a tardé à répondre aux revendications des lycéens et des étudiants. Seuls 28 % considèrent qu’il a eu raison de prendre le temps de préparer des mesures sérieuses, applicables rapidement et financées.
Les attentes concernent principalement l’éducation. Le remplacement des enseignants absents arrive en tête des priorités, avec 93 % des personnes interrogées qui réclament une réponse gouvernementale. La rénovation des établissements scolaires et universitaires recueille 87 % d’avis favorables, devant Parcoursup (83 %), la réduction du nombre d’élèves par classe (82 %) et l’augmentation des places dans l’enseignement supérieur (80 %).
Enfin, si 56 % des sondés estiment que le gouvernement a pris la mesure de la colère des lycéens et des étudiants, 43 % considèrent toujours que ce n’est pas le cas.
Réalisée par Toluna Harris Interactive, cette enquête met ainsi en évidence une opinion publique qui distingue de plus en plus la légitimité des revendications sociales de la question du maintien de l’ordre, tout en exigeant des réponses concrètes de la part du gouvernement.